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Le cap est bon, mais les turbulences restent!

Swiss, un équilibre difficile à trouver... Keystone

Selon le spécialiste en aviation Dieter Schneiderbauer, le management de Swiss doit encore répondre à plusieurs questions fondamentales.

Ce contenu a été publié le 18 janvier 2005 - 17:05

En dépit des craintes de plusieurs analystes financiers, l’annonce des nouvelles mesures de restructuration a tout de même fait grimper l’action du transporteur national.

Analyste spécialisé dans l’aviation et membre du bureau ‘Mercer Management Consulting’ de Munich, Dieter Schneiderbauer n’y va pas par quatre chemins.

Les mesures de licenciement envisagées pour les 18 prochains mois et la nouvelle réduction de la flotte sont évidemment significatives du besoin des dirigeants de Swiss de réduire leurs coûts.

Mais, selon lui, si la compagnie suisse peut légitiment espérer renouer avec les bénéfices en 2006, des questions fondamentales subsistent encore. Interview.

swissinfo: L’annonce des dirigeants de Swiss fait suite à des spéculations sur l’éventualité d’une scission en deux de la compagnie et la création d’un transporteur à coûts réduits sur l’Europe. Or, au final les mesures ne sont pas aussi exceptionnelles…

Dieter Schneiderbauer: En effet. Certaines personnes s’attendaient à la création d’une nouvelle entité pour les opérations régionales européennes, ce qui ne s’est pas produit. Apparemment, les dirigeants pensent qu’ils peuvent régler leurs problèmes sans changer de forme juridique.

Les futures négociations concernant les nouvelles conventions collectives de travail vont démontrer si cela est réellement possible. Jusqu’ici, le management s’est concentré sur des questions de structure. Cette fois, il est dans l’obligation de revoir les conventions collectives de travail s’il entend tirer profit de cette dernière restructuration.

swissinfo: Dès lors, que signifie réellement l’annonce faite mardi?

D.S.: Cela prouve que Swiss est maintenant prête à prendre des mesures décisives pour restructurer le réseau européen et le domaine des «low cost» de manière significative.

Ce qui implique des mesures qui ne seront pas bien accueillies par les employés, et certains clients à Genève et à Bâle. Mais il n’y a pas d’autre alternative que celle de baisser les prix afin de devenir plus concurrentiel par rapport aux compagnies «low cost».

swissinfo: Par le passé, Swiss a été accusé de passer d’une stratégie à l’autre un peu n’importe comment. Apprécié ou non, le cap choisi cette fois-ci est-il clair?

D.S.: Le CEO Christoph Franz et la nouvelle équipe du management ont choisi un cap clair et ils s’y tiennent. La compagnie n’a d’ailleurs ni le temps, ni les ressources financières nécessaires, pour se permettre un nouveau changement de stratégie.

Elle doit absolument devenir rentable et pour y arriver, il faut résoudre un problème après l’autre. Swiss met désormais la priorité sur les itinéraires financièrement intéressants, ce qui semble être la voie du succès.

swissinfo: Christoph Franz espère renouer avec les bénéfices en 2006. Est-ce réaliste?

D.S.: Le programme de restructuration semble tout à fait adéquat et en mesure de remettre Swiss sur le bon chemin. Mais pour l’heure, la compagnie ne met l’accent que sur ses vols régionaux et court-courriers.

Or, Swiss se doit également de revoir sa stratégie en ce qui concerne ses vols long-courriers et cela implique nécessairement une intégration à l’une des grandes alliances qui domine le marché de l’aviation.

swissinfo: L’idée de l’intégration à une grande alliance semble cependant avoir été oubliée depuis l’abandon des discussions avec British Airways. Qu’en est-il selon vous?

D.S.: Christoph Franz a clairement indiqué qu’il voulait tout d’abord régler les problèmes critiques avant de parler d’une alliance stratégique. C’est la bonne approche pour les 6 à 12 mois à venir. Mais durant les 6 derniers mois de 2005, le management de la compagnie devrait reconsidérer l’idée d’une alliance de manière plus significative.

swissinfo: N’y a-t-il pas le risque que Swiss se coupe son approvisionnement en passagers et mine, par là-même, la stratégie qu’elle désire mettre en place?

D.S.: Il y a effectivement danger si le réseau européen devient trop petit et ne génère plus suffisamment de trafic. Cela devra être examiné consciencieusement lorsque les détails du plan d’action de Swiss seront connus.

Selon moi, les dirigeants vont non seulement vouloir garder le réseau actuel qui dessert l’aéroport de Zurich, mais ils vont tenter de l’étoffer en utilisant des vols en partage de code.

swissinfo: Jusqu’ici, Swiss a déjà largement taillé dans ses effectifs et réduit sa flotte à plusieurs reprises. Jusqu’où la compagnie doit-elle aller pour atteindre la taille idéale sur le marché?

D.S.: Il est difficile de dire aujourd’hui quelle est véritablement la taille que doit atteindre Swiss. La compagnie aérienne peut réussir sa mue sur le plan régional et européen grâce à cette dernière restructuration, mais le marché de l’aviation est tellement volatil qu’il est impossible d’affirmer qu’il s’agit là de la dernière coupe.

swissinfo: Justement, ce marché est-il appelé à s’améliorer?

D.S.: L’an dernier, le marché de l’aviation était en reprise pour la première fois depuis 2001. Swiss a bénéficié de cet état de fait, comme tous les autres transporteurs européens. Mais ce sont surtout les compagnies aux stratégies les plus ciblées qui ont véritablement tiré leur épingle du jeu. C’est-à-dire les ‘low cost’, et celles privilégiant soit un réseau global, soit régional.

Interview swissinfo, Chris Lewis
(Traduction et adaptation de l’anglais: Mathias Froidevaux)

Faits

Swiss a annoncé mardi vouloir supprimer entre 800 à 1000 emplois dans les 18 prochains mois. Elle réduira également sa flotte régionale européenne d'au moins treize appareils.
Objectif visé: des réductions de coûts nets de 300 millions de francs au total d'ici à 2007.
L’action Swiss s’est largement appréciée à la bourse suisse après cette annonce.

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En bref

- Selon le spécialiste de l’aviation Dieter Schneiderbauer, Swiss suit désormais une stratégie claire qui devrait lui permettre de devenir compétitive au niveau européen.

- Toujours selon lui, les nouvelles restructurations ne seront pas suffisantes et Swiss devra également revoir sa stratégie sur les vols long courrier.

- Le marché de l’aviation est en reprise mais reste volatil.

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