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Le Canada, wagon d'une énorme locomotive en crise

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Alors que la crise balaie la planète, swissinfo a recueilli en fin d'année les témoignages – constats, analyse et espoirs - de Suisses expatriés sur les cinq continents. Aujourd'hui, François Zuttel, aménagiste d'intérieur à Montréal, Canada.

Ce contenu a été publié le 04 janvier 2009 - 21:32

swissinfo: Votre cadre de vie en quelques mots...

François Zuttel : Nous résidons dans la banlieue sud de Montréal. C'est une ville agréable, multiethnique et très intéressante.

swissinfo: La crise fait la une des journaux depuis des mois. Pouvez-vous en observer les effets concrets dans la région où vous habitez?

F.Z.: Pas vraiment non. Evidemment la population est comme partout dans le monde un peu inquiète. Mais il n'y a rien de vraiment palpable. Il n'y a pas eu d'annonce quant à des plans de relance comme en Europe.

Sur le plan bancaire, les banques canadiennes sont organisées de manière totalement différente des banques américaines. Elles sont beaucoup plus stables. Pour tout ce qui concerne les questions hypothécaires et la construction, le schéma est totalement différent. Quelques banques ont été touchées, mais dans des proportions non comparables à ce qui s'est passé aux Etats-Unis.

Et puis le Canada a traversé une crise politique tout récemment. Le gouvernement a failli se faire renverser. C'est plutôt de cela dont parlent les journaux.

swissinfo: Citation: «Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis que je suis petit, c'est comme ça» disait Coluche dans le sketch «Le chômeur». Votre réaction?

F.Z.: Je pense que c'est une vérité à propos d'une situation qui ne risque pas de changer. Même si les riches sont un peu moins riches à cause de ce qui se passe actuellement, ils ne sont souvent touchés que sur le papier, alors que les pauvres le deviennent toujours plus, et cela de manière concrète, sur la table.

swissinfo: Etes-vous plutôt du genre à penser que le monde s'enfonce dans le gouffre ou qu'une crise n'est qu'un mauvais moment à passer?

F.Z. : Globalement, je pense que l'évolution ne sera pas positive. Ce n'est pas le gouffre, mais c'est pire qu'un mauvais moment à passer. Certains choses vont devoir changer de manière fondamentale, mais je ne pense pas que cela sera pour le mieux.

L'homme étant ce qu'il est, j'ai l'impression que les décisions qui seront prises nous mèneront vers de nouvelles problématiques dont on va découvrir la complexité ces prochaines années.

swissinfo: Croyez-vous au fait que de cette crise pourrait émerger un monde plus sain?

F.Z.: Non, le monde restera tordu comme il l'a toujours été. Penser qu'on pourra mieux répartir les richesses et que le monde pourrait devenir meilleur est utopique. On a effectivement des progrès à faire. Mais il ne faut pas trop compter sur ce que les politiciens et les financiers nous préparent.

swissinfo: Le monde politico-économique vit depuis longtemps dans la théorie et le culte de la «croissance». Réalisme, idéalisme ou mensonge selon vous?

F.Z.: Idéalisme! Dans les pays industrialisés et relativement riches, cette théorie de la croissance nous amène à acheter toutes sortes de biens de consommation qui ne sont pas absolument nécessaires.

Penser que la croissance est l'unique moteur de l'économie est à mon avis une erreur. Ce n'est pas un mensonge car il faut que le système fonctionne, mais il faudrait aussi faire de la place à d'autres valeurs fondamentales.

swissinfo: Pour conclure, de quoi le pays où vous vivez a-t-il le plus besoin pour sortir de ses difficultés actuelles?

F.Z.: Le Canada est un petit wagon accroché à une énorme locomotive. Plus de 80% de l'économie canadienne fonctionne grâce à un marché ouvert sur les Etats-Unis. Souvent, le seul choix est donc de suivre.

Pour améliorer la situation, le Canada devrait faire des efforts pour diversifier son économie, qui est très liée aux richesses naturelles, au pétrole en particulier. D'où une évolution du dollar canadien en dent de scie. Il s'agirait par exemple de développer les produits manufacturés et la haute technologie afin d'être moins dépendant des Etats-Unis.

swissinfo, Carole Wälti

Bio express

François Zuttel a une formation en design graphique qu'il a accomplie à Lausanne.

Il a notamment participé à la conception des pavillons de l'Exposition nationale de 1964.

L'envie d'aller s'installer sous d'autres horizons le prend dans les années 70.

Marié et père d'une première fille, il s'installe à Montréal en 1973. Sa seconde fille est née au Canada.

Après avoir travaillé dans une grande firme canadienne, il a ouvert son propre bureau de design et d'aménagement d'intérieur il y a une quinzaine d'années.

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Montréal

Montréal est la ville la plus peuplée du Québec et la seconde agglomération canadienne après Toronto.

Elle est la seule métropole francophone en Amérique du Nord.

Sa population approche les 1,8 million d'habitants, tandis qu'environ 3,7 millions de personnes habitent le Grand Montréal.

La ville tient son nom de la proximité immédiate du mont Royal, aujourd'hui entouré d'un vaste parc.

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Suisses au Canada

A fin 2007, 11'937 Suisses étaient inscrits dans la circonscription consulaire de Montréal (8071 doubles-nationaux), contre 11'509 un an auparavant.

Ils étaient 37'684 pour l'ensemble du Canada (25'737 doubles-nationaux) et 36'374 l'année précédente.

Ils forment la cinquième communauté suisse en importance à l'étranger.

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