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Le bénéfice du Credit Suisse en baisse

L'homme fort du Credit Suisse, Lukas Mühlemann, souligne le contexte difficile dans lequel son groupe a évolué. Keystone Archive

Le Credit Suisse Group affiche des résultats en forte baisse. L'exercice 2001 a été plombé par sa banque d'affaires, le Credit Suisse First Boston.

Ce contenu a été publié le 12 mars 2002 - 12:15

La performance du Credit Suisse Group (CSG) ne constitue pas une surprise. Le numéro deux bancaire helvétique avait en effet pris soin, fin janvier déjà, d'avertir les marchés financiers de l'ampleur du recul de sa rentabilité en 2001.

L'année précédente, il affichait encore un bénéfice net de 5,8%, alors en progression de 10,8%. Le résultat d'exploitation s'est fixé à 4 milliards de francs l'an passé, en recul de 45% par rapport à 2000, indique mardi le CSG.

Ce montant n'intègre pas des facteurs spéciaux liés à la restructuration du Credit Suisse First Boston (CSFB) ainsi que des amortissements de goodwill et de valeurs incorporelles acquises.

Lukas Mühlemann reste aux commandes

Les facteurs spéciaux s'élèvent à 1,1 milliard de francs pour le CSFB, qui a lui a essuyé une perte nette de 1,6 milliard l'an dernier. La division banque d'affaires du CSG a subi de plein fouet la récession aux Etats-Unis, se séparant notamment de quelque 2500 employés sur un peu plus de 27 000.

L'homme fort du CSG, Lukas Mühlemann, président du conseil d'administration et de la direction, a souligné le contexte dans lequel son groupe a évolué. «2001 a été une année difficile pour notre entreprise, comme pour l'ensemble du secteur de la finance», a-t-il relevé mardi devant la presse réunie à Zurich.

Outre l'avancement de la restructuration du CSFB, Lukas Mühlemann a mis en exergue la bonne tenue des affaires dans la gestion de fortune (private banking). L'afflux net de nouveaux capitaux s'est monté à 66,4 milliards de francs, ou 4,8% de tous les fonds sous gestion.

Par ailleurs, Lukas Mühlemann a annoncé ne pas vouloir céder sa double casquette de président de la direction (CEO) et de directeur du conseil d'administration du CSG. Ce double mandat ne contrevient pas à la conception stratégique de la deuxième banque suisse.

«Je suis peut-être un président de conseil d'administration plus actif par rapport à d'autres entreprises», a lancé ironiquement Lukas Mühlemann. De manière générale, la banque s'efforce de conduire une bonne stratégie, notamment en terme de gouvernement d'entreprise (corporate governance).

Le double mandat de Lukas Mühlemann ne va pas à l'encontre des principes du Credit Suisse Group. Lukas Mühlemann a répété que sa fonction de CEO du groupe est réduite pour l'essentiel aux questions stratégiques, financières et de personnel.

Plus de 1400 milliards sous gestion

A fin 2001, le CSG, toutes unités confondues, gérait 1425 milliards et demi de francs, soit 2,4% de plus qu'un an plus tôt. L'an dernier, les produits nets du groupe ont progressé de 5% pour s'élever à 39,2 milliards.

Les conditions défavorables du marché ont été compensées par l'acquisition du volume d'affaires de la banque d'affaires américaine Donaldson, Lufkin & Jenrette (DLJ). Parallèlement toutefois, les charges d'exploitation ont progressé de 20% par rapport à 2000 pour atteindre 30,3 milliards de francs.

Le titre plonge

La rentabilité d'exploitation des fonds propres est tombée à 10% l'an passé, contre 21,5% précédemment. Globalement, le CSG a vécu un 4e trimestre pénible, avec une perte nette de 830 millions de francs, conforme aux chiffres dévoilés fin janvier, après les 299 millions de perte également essuyés au 3e trimestre.

En ce qui concerne l'exercice en cours, le CSG évalue les perspectives avec retenue. Il estime que les revenus du CSFB se situeront en dessous du niveau de 2001 et que les résultats du Credit Suisse Financial Services (services financiers et assurances) ne dépasseront pas leur niveau de 2001.

Malgré la mauvaise passe conjoncturelle, la grande banque se dit convaincue de sa position de force dans ses métiers de base. Les mesures de restructuration devraient permettre de «tirer parti des opportunités de croissance à venir», précise le communiqué. Au total, le CSG emploie quelque 80 000 personnes de par le monde.

Les marchés ont peu goûté aux résultats du groupe bancaire: à la Bourse suisse, le titre CSG perdait 2,45 francs, soit 3,89 % à 60,60 francs vers 14h30. L'action CSG avait déjà perdu 2,25 % lundi à la clôture.

swissinfo avec les agences

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