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Le 11 septembre fait plonger Swiss Re

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Le réassureur prévoit une perte de 200 millions. A cause notamment des attentats contre les Etats-Unis. Mais peut-on s'assurer contrer le terrorisme?

Ce contenu a été publié le 27 février 2002 - 08:15

Rien à faire. 2001 aura bel et bien été l'annus horribilis pour l'industrie de l'assurance. Si besoin était, les chiffres publiés mardi par Swiss Re, la Compagnie suisse de Réassurances, le confirment.

Le groupe helvétique, l'un des leaders mondiaux de la branche, annonce pour l'année passée des pertes de l'ordre de 200 millions de francs suisses. Alors que l'exercice précédent avait débouché sur un bénéfice de 3 milliards.

Motif: 2001 a été «une année record en termes de sinistres majeurs», explique Swiss Re dans un communiqué. Et le réassureur (l'assureur des assureurs) de citer en vrac la tempête tropicale Allison et l'effondrement d'Enron. Une catastrophe pourtant pas vraiment naturelle...

Le sinistre des sinistres

Mais, le sinistre des sinistres, c'est évidemment le 11 septembre. «Le plus grand jamais enregistré dans l'histoire de l'assurance», relève Swiss Re, mais qui a aussi «touché simultanément plusieurs branches et entraîné une chute des marchés financiers, qui a à son tour porté atteinte à la rentabilité des placements.»

La facture des attentats est lourde pour Swiss Re: près de 3 milliards de francs, ce qui obligera le réassureur à puiser 1 milliard dans ses réserves. Et encore. L'estimation part du point de vue que l'attaque contre les tours jumelles ne constitue qu'un seul sinistre. Ce qui est contesté par le bailleur du World Trade Center.

C'est d'ailleurs l'ensemble du secteur des assurances qui est touché. Aux côtés de Swiss Re, l'Allemand Munich Re, Lloyd's of London, l'Américain Berkshire Hathaway enregistrent tous des pertes de plus d'un milliard de dollars, suite aux attaques contre les Etats-Unis.

Un risque virtuellement impossible à mesurer

Fin décembre, le réassureur suisse avait évalué le coût total du 11 septembre à 90 milliards de dollars. Le choc est tel qu'il pousse les assureurs à repenser leur métier. Et à se poser cette question: après le 11 septembre peut-on encore s'assurer contre le terrorisme?

Swiss Re vient justement d'y consacrer une étude, dont le titre évoque «un nouveau spectre». Elle met en évidence les changements intervenus: «ce type de risque est devenu virtuellement impossible à mesurer, à la fois en termes d'intensité et de fréquence.»

Partenariat public-privé

En conséquence, selon Swiss Re, le terrorisme ne peut désormais être couvert par les assureurs que de manière limitée. Le réassureur suisse lance un appel: l'Etat doit venir à la rescousse, au moins à court terme.

Selon cette étude, le rôle des pouvoirs publics pourrait être d'une part d'imposer de nouvelles règles, notamment en rendant obligatoire la couverture contre les risques terroristes. D'autre part, l'Etat assumerait une garantie, en dernier recours. Le réassureur des réassureurs, en quelque sorte.

Pierre Gobet, Zurich

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