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La visite du Dalaï-Lama irrite Pékin

Keystone

Cette semaine, le Dalaï-Lama donnera un cours en Suisse et rencontrera le ministre de l'Intérieur Pascal Couchepin. Ce qui fâche les Chinois.

Ce contenu a été publié le 12 août 2005 - 18:40

Pour l'ambassade de Chine à Berne, le leader spirituel des Tibétains se livre à «des activités anti-chinoises», sous «le couvert de la religion».

«Le Dalaï-Lama n'est pas un personnage purement religieux, affirme à swissinfo un porte-parole de l'ambassade de Chine en Suisse. C'est un exilé politique engagé de longue date dans des activités sécessionnistes qui minent l'unité nationale sous le couvert de la religion».

Voilà qui est clair. La visite en Suisse du chef spirituel du bouddhisme tibétain, le fait qu'il s'apprête à délivrer huit jours de cours sur sa religion et surtout à rencontrer Pascal Couchepin (le 4 août à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich) ne plaît pas du tout aux autorités de Pékin.

«Notre gouvernement est fermement opposé à toutes les activités anti-chinoises du Dalaï-Lama et de ses suiveurs, ainsi qu'à toute invitation ou toute rencontre que des officiels de n'importe quel pays peuvent lui accorder».

Un sujet épineux

Au ministère de l'Intérieur, on ne l'entend évidemment pas de cette oreille. On rappelle que les anciens ministres René Felber, Flavio Cotti et Ruth Dreifuss avaient déjà rencontré en son temps le Dalaï-Lama, respectivement en 1991, 1995 et 2001.

«La Suisse le considère comme le leader spirituel de la communauté bouddhiste tibétaine, explique à swissinfo Katja Zürcher, du ministère de l'Intérieur. Et c'est à ce titre que le ministre Couchepin va le rencontrer».

Et d'ajouter que les Chinois ont communiqué leur position sur cette rencontre. «Nous sommes en contact régulier avec les autorités chinoises afin de leur expliquer notre position», précise la porte-parole.

Ce n'est pas la première fois que Berne s'attire l'ire de Pékin au sujet de la question épineuse du Tibet. En 1999, le président chinois avait publiquement réprimandé son homologue Ruth Dreifuss à cause d'une manifestation pro-tibétaine devant le Palais fédéral.

Pascal Couchepin quant à lui a été en octobre de l'année dernière le premier ministre suisse à se rendre au Tibet. Durant son voyage, il avait appelé les autorités chinoises à respecter les droits des Tibétains.

Rendez-vous zurichois

Le Dalaï-Lama a fui le Tibet en 1959, à l'arrivée des troupes chinoises. Réfugié en Inde, il a reçu 30 ans plus tard le Prix Nobel de la Paix pour sa lutte non violente contre l'occupation de son pays.

Il donnera un cours sur le bouddhisme du 5 au 12 août au Hallenstadion de Zurich, la halle polyvalente qui vient d'être rénovée. Il doit également participer à une rencontre inter-religions à Einsiedeln, à un symposium sur les neurosciences à l'Université et à un autre sur «La peur et l'anxiété» à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich.

swissinfo, Matthew Allen à Zurich
(Traduction de l'anglais: Marc-André Miserez)

Faits

La Suisse abrite la troisième plus grande communauté d’immigrés tibétains au monde, forte de plus de 3000 membres.
Du 5 au 12 août, le Dalaï Lama dispensera une série de cours sur le bouddhisme au Hallenstadion de Zurich. Ouverts à tous, ces cours sont payants. Le bénéfice ira à des œuvres de bienfaisance.
Le chef spirituel tibétain doit également rencontrer le ministre de l’Intérieur Pascal Couchepin, le 4 août à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.

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