Navigation

La victoire échappe de peu à Stève Ravussin

Stève Ravussin à Saint-Malo avant son départ pour la Route du Rhum. Keystone Archive

Stève Ravussin ne fêtera pas une victoire qui lui semblait pourtant promise dans la route du Rhum.

Ce contenu a été publié le 20 novembre 2002 - 11:58

Son trimaran s'est retourné dans la nuit de mardi à mercredi. Le skipper vaudois est indemne. Les secours s'organisent.

Stève Ravussin et son trimaran TechnoMarine étaient sur la voie royale de la victoire dans la Route du Rhum lorsque, perfidement, un grain et un coup de vent ont mis fin à son rêve en retournant son bateau.

Un coup du sort qui le contraint à l'abandon alors qu'il n'était plus qu'à 734 milles de l'arrivée à Pointe-à-Pitre.

«Comme on dit, une course n'est jamais gagnée tant que l'on a pas franchi la ligne d'arrivée. Et on vient de le prouver une fois de plus», a rappelé le skipper vaudois par téléphone à son équipe à Pointe-à-Pitre.

La consternation

Sur place, c'est la consternation qui règnait mercredi matin, au moins à double titre.

Premièrement, parce que c'est le 15e abandon sur 18 multicoques au départ. Or, il semblait bien que rien ne pouvait arriver sur la route des alizés aux rescapés de cette course.

Deuxièmement, parce que tout le monde aime bien Stève Ravussin et qu'une victoire du marin suisse à Pointe-à-Pitre n'aurait dérangé personne.

Profondément endormi

Stève Ravussin avait pris la tête de la course jeudi dernier et il semblait à l'abri du pire.

«Enfin, c'est la vie! Avec mon routeur on avait vu des grains, il m'avait dit: tu rouleras le gennaker (voile d'avant)», explique Ravussin, réfugié dans sa coque retournée.

«Il y avait un vent de 15 nœuds, j'en ai profité pour dormir un peu et, en fait, je me suis endormi profondément, raconte le skipper. J'ai senti le bateau accélérer, cela m'a réveillé, mais il était déjà trop tard. Le flotteur qui n'a pas de foil est entré dans l'eau et le bateau s'est retourné.»

Trop tard

«Couillon comme je suis, je me suis fait surprendre, admet non sans humour Stève Ravussin. J'étais à l'intérieur et j'ai essayé de choquer mais cela n'a servi à rien. C'était trop tard.»

Une fois à l'envers, le marin a réussi à mettre en route les systèmes de survie et à faire fonctionner son téléphone irridium, qui lui a permis d'organiser le début des opérations de sauvetage.

Le sauvetage s'organise

Stève Ravussin, une fois à l'envers a réussi à mettre en route les systèmes de survie et à faire fonctionner son téléphone irridium, qui lui a permis d'organiser le début des opérations de sauvetage.

Un bateau a quitté Pointe-à-Pitre, avec à son bord notamment les deux frères de Stève, Yvan et Sébastien, pour lui porter secours. Cet équipage devrait arriver samedi sur la zone du chavirage, où la houle importante va rendre les manoeuvres délicates.

Desjoyeaux en tête

Avec cet abandon, c'est Michel Desjoyeaux, vainqueur du Vendée Globe, qui a pris la tête de la course des multicoques devant Lalou Roucayrol, ralenti par un manque de vent, et Marc Guillemot. Leurs trois bateaux sont les derniers multicoques encore en course.

swissinfo avec les agences

Faits

1992: Stève Ravussin participe à sa première grande course en mer, la Maxi Merit Cup, avec Pierre Fehlmann
1998: Victoire à la Route du Rhum en catégorie Trimarans 40 pieds
1999: Victoire à l'Heineken Regatta
2000: Victoire dans la transat Québec - Saint-Malo
2001: Victoire dans la transat Jacques Vabre et titre de Champion du monde des équipiers
19 novembre 2002: En tête de la Route du Rhum, Ravussin chavire à 734 milles de l'arrivée

End of insertion
En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?