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La vengeance selon Shakespeare reste d'une criante actualité

Au premier plan, l'empereur Saturninus joué par Salvatore Orlando. SP/Grange Dorigny

La Compagnie Gianni Schneider interprète à la Grange de Dorigny, à Lausanne, «Titus Andronicus» de Shakespeare. Une pièce de théâtre de la Rome antique qui traite du besoin jamais assouvi de vengeance. Un spectacle qui ne pouvait mieux tomber en regard de l'actualité.

Ce contenu a été publié le 08 octobre 2001 - 16:48

Les temps passent et se ressemblent étrangement. «La mort pour la mort, œil pour œil, dent pour dent, pour une cité en sécurité?» Ainsi promet Lucius, fils de Titus, dans la scène finale.

Ecrite, ou plutôt retouchée par William Shakespeare, à la fin du XVIe siècle, la pièce de théâtre «Titus Andronicus» met en lumière l'engrenage de la vengeance. C'est la première œuvre de l'auteur anglais.

L'homme, un cannibale-né

«J'ai l'intime conviction que l'homme est né pour guerroyer», affirme le metteur en scène, Gianni Schneider. Il a en lui les forces du bien et du mal. Lesquelles sont activées, voire exacerbées, selon le contexte dans lequel l'individu se trouve confronté.»

Pour monter cette pièce, Gianni Schneider, au départ, s'est inspiré du génocide du Rwanda de 1994. Mais il n'en aurait pas eu besoin. Car l'actualité brûlante de ces dernières semaines lui a fourni plus qu'il ne pouvait imaginer, avec le quadruple attentat du 11 septembre aux Etats-Unis, la tuerie du 28 septembre à Zoug et la première réplique américano-britannique en Afghanistan.

C'est ainsi que «l'actualité a fortement contribué à renforcer la violence des gestes sur scène, explique Gianni Schneider. Par exemple, les condamnés ne sont plus étranglés, mais ils sont décapités. Et nous avons intensifié la lâcheté dans les dix meurtres commis sur scène».

Le monde est une boucherie

En outre, la barbarie des actes est accentuée par le décor: un abattoir! «Le monde est une boucherie, que ce soit à l'époque romaine du 1er siècle av. J.-C., comme en ce début de 3ème millénaire», précise Gianni Schneider. «Rien n'a changé, sinon les armes!»

C'est donc à un théâtre engagé politiquement que Gianni Schneider convie le spectateur à la Grange de Dorigny, à Lausanne-Vidy. «Dénoncer la vengeance qui engendre la violence et la haine qui l'emporte sur la paix.»

Ainsi, le spectateur assiste à des meurtres, à des viols, bref à un massacre de vies humaines, au profit d'intérêts économiques et à cause de nombreuses intrigues politiques.

Vainqueur des Goths, le général Titus ramène, captive à Rome, la reine des peuplades d'outre-Rhin. Selon la tradition de la Rome antique, Titus commence par égorger l'aîné de la reine des Goths. Ceci à la mémoire de ses 21 fils morts au combat.

Mais surtout, Titus commet l'erreur de nommer Saturnius, nouvel empereur de Rome, contre la volonté du Sénat et du peuple. A partir de là, tous les malheurs s'abattent sur sa famille, et plus spécialement sur sa fille, qui subira les derniers outrages...

A l'issue de la représentation du samedi 20 octobre, le public est invité à participer à un débat sur le travail théâtral en regard de l'actualité brûlante, sous la direction du dramaturge, Joël Aguet.

Emmanuel Manzi

Jusqu'au 21 octobre: mardi, mercredi et jeudi à 19h. Vendredi et samedi à 20h30. Et dimanche à 17h.

Puis, le 30 octobre au Théâtre de Valère à Sion. Le 3 novembre à l'Espace Moncor à Fribourg et le 9 novembre au Théâtre Benno Besson à Yverdon.

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