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La Terre se réchaufferait plus vite que prévu

Le chercheur bernois Thomas Stocker se prononce pour des mesures radicales. swissinfo.ch

La revue «Nature» publie les études de chercheurs suisses et britanniques: leurs conclusions laissent prévoir un réchauffement climatique rapide.

Ce contenu a été publié le 18 avril 2002 - 14:14

La dernière livraison de la revue scientifique «Nature» publiée à Londres rend compte jeudi de deux recherches sur le réchauffement du climat menées parallèlement par des Britanniques et des Suisses de l'université de Berne.

Leurs méthodes d'analyse divergent, mais leurs conclusions se rejoignent sur des prévisions plus pessimistes que celles que ne le laissaient entendre jusqu'ici les rapports internationaux, en particulier celui du GIEC, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.

L'an dernier, ces experts avaient annoncé que la poussée de fièvre de la planète se situerait, à la fin du siècle, entre 1,4 et 5,8 degrés centigrades. Ce qui, selon leurs projections, se traduirait par une montée du niveau de la mer estimée entre 9 et 88 centimètres.

Besoin de projections à moyen terme

Le problème, avec de telles prévisions à cent ans de distance, c'est qu'elles restent passablement abstraites pour ceux qui, gouvernements et chefs d'entreprises, ont besoin de perspectives plus rapprochées pour élaborer leurs stratégies.

L'intérêt des études publiées simultanément par «Nature» réside précisément dans le fait que les deux équipes de chercheurs proposent des projections à moyen terme, entre 20 et 30 ans.

Résultat: les Britanniques Stott et Kettleborough annoncent un réchauffement global de 0,3 à 1,3 degré centigrade, les chercheurs suisses de l'université de Berne - Knutti, Stocker, Joos et Plattner - le situent entre 0,5 et 1,1 degré.

«Avec nos simulations, explique Thomas Stocker à la rédaction alémanique de swissinfo, nous avons réussi à réduire la marge d'incertitude des pronostics précédents».

Pronostics plus précis

Sans entrer dans le détail de la méthode de travail des chercheurs bernois, on notera qu'ils utilisent des modèles d'évaluation certes plus simples et plus rapides mais les appliquent à grande échelle.

Ils ne se contentent pas par exemple des scénarios d'émissions de gaz à effet de serre mais s'efforcent de prendre également en compte des facteurs naturels comme l'activité solaire ou les éruptions volcaniques.

Pas besoin d'épiloguer non plus sur les conséquences d'une telle hausse de température. Elles sont connues: réduction de la couverture neigeuse, recul des glaciers, fonte des glaces polaires, montée du niveau des océans, inondation des régions côtières, etc.

Thomas Stocker est d'avis que si l'on ne prend pas de mesures radicales, ce réchauffement pourrait donc dépasser les prévisions pessimistes, c'est-à-dire, et avec une forte probabilité, au-delà des 5 degrés centigrades au tournant du siècle prochain.

Démissionner serait une grave erreur

«Les modèles parlent un langage clair», précise le chercheur bernois. «Nous devons stabiliser la concentration des gaz à effet de serre. Cela ne sera possible que si nous limitons la consommation d'énergies fossiles.»

Thomas Stocker attend beaucoup des négociations internationales comme celles qui, entre autres, se dérouleront à la fin de l'été à Johannesburg lors de la Conférence sur le développement durable, dix ans après le Sommet de la Terre de Rio.

Ces rendez-vous, dit-il, sont des «jalons importants» pour la protection du climat. Ce serait une grave erreur que de démissionner avant l'heure même si on ne peut pas placer les attentes trop haut ou à trop court terme.

La nature se chargera pourtant d'envoyer ses propres signaux. A la longue, les catastrophes naturelles de grande intensité, comme de violents cyclones, ne laisseront personne indifférent.

swissinfo/Bernard Weissbrodt avec Felix Münger

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