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La surprenante démission du patron de Swisscom

La démission, avec effet immédiat, de Tony Reis, le président de Swisscom, a surpris les spécialistes du secteur. Elle intervient alors que la société s’est fortement restructurée ces dernières années dans un contexte de forte concurrence.

Ce contenu a été publié le 16 décembre 1999 - 12:08

La démission, avec effet immédiat, de Tony Reis, le président de Swisscom, a surpris les spécialistes du secteur. Elle intervient alors que la société s’est fortement restructurée ces dernières années dans un contexte de forte concurrence.

C’est «de sa propre initiative et pour des raisons personnelles» que Tony Reis quitte, à 58 ans, l’entreprise. Il était entré chez Swisscom en janvier 1997 comme directeur des opérations, avant d’accéder à la présidence de la direction un an plus tard. Jens Alder, 42 ans, actuellement directeur des services de réseaux prend la succession.

Tony Reis incarnait l’homme des réformes. Il a eu la difficile tâche de transformer une société publique, fortement hiérarchisée et bureaucratique, en une entreprise semi-privée, soumise aux lois de la concurrence et d’un marché des télécommunications en pleine mutation. Ses restructurations menées tambour battant, avec à la clé 4000 suppressions de postes de travail, ont entraîné un conflit frontal avec les syndicats. Mais le plus dur semble avoir été accompli puisque qu’un plan social jugé «bon» par le personnel a été signé.

L’homme avait une très bonne réputation auprès des analystes financiers et des actionnaires. D'ailleurs, l’entrée en Bourse de Swisscom, en octobre 1998, est un succès. Tony Reis incarnait la tendance moderne et dynamique au sein de l’entreprise, face à un management parfois très conservateur.

Au niveau commercial, le départ de Tony Reis intervient alors que Swisscom se porte plutôt bien. La société a certes cédé des parts de marché en Suisse à cause de l’arrivée de la concurrence, mais elle conserve une position de force. Swisscom n’aurait perdu que 6 à 8 pour cent du marché helvétique du téléphone fixe et le recul des revenus dans ce secteur est compensé par la forte croissance des communications mobiles.

Pour l’international, les cuisants échecs subits dans les investissements en Malaisie ou en Inde font presque partie du passé. En revanche, la stratégie d’expansion de Swisscom en Europe pourrait prochainement porter ses fruits. Bien qu’il ait été payé au prix fort (3,4 milliards de francs), le rachat de l’allemand Debitel, actif dans le domaine des téléphones mobiles, devrait être prometteur à terme.

Bref, Tony Reis laisse une entreprise encore en chantier mais où le plus difficile semble avoir été fait. L’impulsion pour transformer cette archaïque entreprise d’Etat a été donnée. Reste maintenant à poursuivre sur cette voie dans un marché désormais hyperconcurrentiel où tous les coups sont permis. Et le «petit» Swisscom devra forcément trouver des alliés s’il veut survivre face aux géants qui sont en train de naître autour de lui.

Luigino Canal

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