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La Suisse tire, elle aussi, profit du G8

Pascal Couchepin entre Georges Bush et Romano Prodi. Keystone

Plusieurs initiatives ont été lancées, mardi, au terme du Sommet du G8 à Evian.

Ce contenu a été publié le 03 juin 2003 - 18:39

La voix de la Suisse s'est fait entendre par le biais du multilatéralisme. Patrick Leduc, chef adjoint de la délégation suisse à l'OCDE, l'a dit à Jean-Didier Revoin.

Les leaders des pays industrialisés ont quitté Evian pour reprendre le fil de leurs rendez-vous officiels ailleurs. La station thermale française retrouve le calme qui lui est si caractéristique.

Les bateaux peuvent à nouveau naviguer librement sur le lac Leman et les habitudes estivales ont repris leur cours des deux côtés de la frontière. Mais une interrogation demeure.

Sur quels développements concrets le Sommet d'Evian débouchera-t-il? Le «club des pays riches» sera-t-il le seul à en tirer profit? Les pays invités en marge de la réunion en auront-ils vraiment bénéficié?

Et la Suisse n'aura-t-elle comme unique satisfaction d'avoir permis aux casseurs de se défouler dans les rues de Genève et de Lausanne?

Pas si sûr. Les réunions des chefs d'Etats du G7-G8 (G8 en référence à la Russie qui a été conviée aux réunions à la fin des années 90) sont considérées par les altermondialistes comme un club de riches qui se rassemblent pour discuter des affaires du monde sans prendre en compte l'avis des pays moins favorisés.

A l'origine, ces réunions avaient pour but de permettre aux leaders des pays concernés d'échanger des idées, hors de tout cadre officiel, de façon à trouver des solutions aux problèmes économiques provoqués par le premier choc pétrolier.

Au fil du temps, ces rencontres se sont multipliées et des questions politiques se sont immiscées dans les agendas. Et en raison de leur nature plus controversée, ces questions politiques ont fait ressortir les dissensions entre les participants.

Au terme d'une réunion de trois jours, 17 documents ont été adoptés. Une dizaine de plans d'action ont aussi été lancés. Notamment sur l'eau, la santé, la science et la technologie, la famine, la lutte contre le terrorisme, l'environnement marin et la sécurité maritime.

La prolifération des armes de destruction massive, la sécurité des sources radioactives, la sécurité des transports et les systèmes portatifs de défense aérienne, le commerce et l'Afrique sont également des domaines dans lesquels les huit se sont engagés à agir.

Patrick Leduc, chef adjoint de la délégation suisse à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), fait le point.

swissinfo: Est-ce que la Suisse a profité concrètement des réunions des huit pays les plus industrialisés de la planète?

Patrick Leduc: Oui, c'est indéniable. Les sommets des pays du G7-G8 ne disposent pas d'un secrétariat qui puisse préparer les dossiers dont traitent les chefs d'Etat et de gouvernement au moment des réunions.

La préparation des dossiers échoit donc aux organisations internationales qui possèdent le savoir-faire nécessaire, en fonction des thèmes qui sont abordés.

En tant que membre de ces instances multilatérales, la Suisse peut influer sur le traitement des dossiers. Soit dans leur préparation, avant que les membres du G7-G8 ne se prononcent, soit dans la mise en œuvre des décisions prises par les dirigeants des pays concernés.

swissinfo: Peut-on dire que le gros du travail s'effectue dans un cadre multilatéral qui inclut des pays qui n'appartiennent pas au club des huit?

P.L.: Les sommets du G7-G8 ne sont que la pointe émergée du sapin et non pas de l'iceberg. Je m'explique. Le sapin a des branches sur lesquelles les pays qui ne sont pas conviés aux réunions peuvent s'appuyer: les organisations multilatérales. Ce qui n'est pas le cas pour un iceberg.

swissinfo: Les participants au G7-G8 n'appartiennent donc pas à un club fermé?

P.L.: Pas exactement car la relation entre les processus mis en œuvre au sein du G7-G8 et les organisations multilatérales sont très positives.

A titre personnel, je n'aimerais pas que le G7-G8 devienne une sorte de directoire dont les décisions devraient être appliquées de façon unilatérale.

swissinfo: A quoi attribuez-vous les dissensions qui apparaissent parfois entre les participants à ces sommets?

P.L.: Elles sont apparues lorsque un certain nombre de problèmes politiques sont venus se greffer sur les préoccupations économiques qui, à l'origine, animaient ces rencontres informelles.

swissinfo: Que vous inspire la médiatisation croissante des différentes réunions du G7-G8?

P.L.: A titre personnel, encore une fois, il me semble que la présence massive des médias permet à certaines personnes de se mettre en évidence au détriment du travail accompli pendant de longs mois dans le cadre des instances multilatérales.

swissinfo: La vocation informelle de ces forums n'est-elle pas en train de disparaître?

P.L.: Certains développements apparaissent. On constate que certaines décisions sont prises sur la base des travaux menés par les ministères spécialisés des membres du G7-G8 pour être ensuite travaillées au sein des organisations internationales compétentes.

C'est un danger pour un pays comme la Suisse qui voit son influence se réduire en raison de ce mode de fonctionnement.

Interview swissinfo: Jean-Didier Revoin

Faits

Le sommet d'Evian a accouché de 17 documents.
Une dizaine de plans d'action ont aussi été lancés. Notamment sur l'eau, la santé, la science et la technologie, la famine, la lutte contre le terrorisme.
Les chefs d'Etat et de gouvernement ont adopté le rapport de mise en oeuvre de la coopération avec le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD).

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