Navigation

La Suisse et l'Europe trop passives face aux USA

Le doigt accusateur de Dick Marty. swissinfo.ch

Dénoncer les violations des droits de l'homme à Cuba ou en Tunisie ne suffit pas. Il faut aussi condamner les méthodes de la guerre contre le terrorisme.

Ce contenu a été publié le 13 janvier 2006 - 22:15

Pour le sénateur suisse Dick Marty, qui enquête sur les prisons secrètes de la CIA pour le Conseil de l'Europe, enlèvements et torture sont non seulement inutiles, mais aussi contreproductives.

«Il y a des pays qui font le sale boulot pour les Etats-Unis et d'autres qui détournent les yeux», a dit vendredi, Dick Marty à la presse, qu'il rencontrait en marge de l'assemblé des délégués de son parti, le parti radical (centre droit) à Berthoud, près de Berne.

Il reproche à la Suisse sa «passivité» face aux activités de la CIA en Europe. Il veut notamment obtenir une copie du fax égyptien intercepté par les services secrets suisses, qui attesterait de l'existence de prisons secrètes de l'agence en Europe.

Selon lui, ce document est un «élément significatif» car il représente «une source différente». Et le sénateur d'expliquer que jusqu'ici, la presse américaine s'est basée sur des documents de l'administration Bush pour étayer ces révélations sur les prisons secrètes de la CIA et ses transports de prisonniers.

Sur ce dossier, Dick Marty juge «choquante» la passivité des autorités suisses et européennes. Il appelle une nouvelle fois les 46 pays membres du Conseil de l'Europe à fournir tous les renseignements en leur possession sur les méthodes utilisées par la CIA dans le cadre la guerre contre le terrorisme lancée par le président américain.

«Performants»

«Les services secrets égyptiens sont performants», déclare Dick Marty pour justifier son intérêt à consulter le fax en question. Les Egyptiens évoquent dans ce document des preuves attestant que 23 Irakiens et Afghans ont été interrogés dans une base américaine en Roumanie.

Des centres similaires existeraient en Ukraine, au Kosovo, en Macédoine et en Bulgarie. Bucarest et Sofia ont démenti à plusieurs reprises.

Le sénateur a ouvert une enquête sur les activités de la CIA en Europe en décembre dernier. Selon lui, les faits dénoncés dans un premier temps par les médias américains et des ONG sont désormais avérés.

Dick Marty a rappelé le cas de l'Egyptien Abou Omar, enlevé en 2003 par des agents de la CIA à Milan. Cet homme soupçonné de terrorisme a été transporté en Allemagne dans un avion qui a survolé la Suisse avant d'être transféré en Egypte où il a été torturé.

«Inacceptables»

Devant les journalistes, le rapporteur du Conseil de l'Europe a une nouvelle fois vivement condamné les moyens utilisés depuis le 11 septembre 2001 par l'administration Bush pour lutter contre le terrorisme. Elles sont «inacceptables» car contraires aux droits de l'homme et aux Conventions de Genève, a-t-il martelé.

Dick Marty estime que son enquête sera «longue et difficile». Il devrait rendre un rapport intermédiaire à la fin janvier. Le Parlement européen, de son côté, devrait décider la semaine prochaine de l'ouverture d'investigations sur cette affaire de la CIA.

swissinfo et les agences

En bref

- Le sénateur suisse Dick Marty est président de la Commission pour les affaires juridiques et les droits de l'homme de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

- A ce titre, il est notamment chargé d'enquêter sur les prisons secrètes de la CIA en Europe de l'Est. Il doit présenter un premier rapport intermédiaire à fin janvier.

- Dimanche dernier, l'hebdomadaire SonntagsBlick a révélé que les services secrets suisses avaient intercepté un fax émis par leurs homologues égyptiens qui confirme l'existence de ces prisons.

- Le gouvernement suisse s'est ému de cette fuite, mais il s'est abstenu de condamner l'administration Bush pour ses méthodes de lutte contre le terrorisme.

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?