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La Suisse a tout faux en matière de réfugiés

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Les réfugiés accueillis en Suisse ne sont pas suffisamment intégrés. Un rapport met le doigt sur les principales failles du système helvétique.

Ce contenu a été publié le 15 novembre 2001 - 18:29

Le rapport émane de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR). Il a été établi dans le cadre d'une coopération avec l'Office fédéral des réfugiés (ODR).

Présenté jeudi à la presse, ce rapport intitulé «Intégration des réfugiés reconnus» montre que cette intégration laisse encore à désirer. Principal problème: les réfugiés restent en grande partie exclus du monde du travail.

La spirale de la dépendance

Les quelque 26 000 réfugiés accueillis en Suisse sont jeunes: environ 85% d'entre eux ont moins de 40 ans. Pourtant, leur force de travail est sous-utilisée. Seuls 34% des plus de 18 ans disposant d'un permis B avaient un travail fin 2000.

Du coup, la plupart des réfugiés découvrent la Suisse au-travers de l'aide sociale et deviennent dépendants financièrement et psychologiquement. Une situation qui affaiblit leur confiance en eux et leur volonté de s'en sortir, dénonce le rapport.

Pourtant, les réfugiés pourraient être beaucoup mieux intégrés au monde du travail. La situation pourrait être nettement améliorée par une meilleure promotion des connaissances linguistiques et par des mesures de qualification professionnelle, plaide Jörg Frieden, vice-directeur de l'ODR.

La situation actuelle n'est en effet pas satisfaisante. Seuls 3322 francs par personne sont attribués pour un cours de langue. Cela permet seulement au réfugié de se «débrouiller» dans la vie de tous les jours, mais pas de s'intégrer au marché du travail.

Autre problème: les capacités professionnelles acquises par les réfugiés ne sont souvent pas reconnues en Suisse. Des médecins ou des ingénieurs doivent reprendre une formation à zéro, ce qui n'est évidemment pas très motivant.

Des problèmes spécifiques aux musulmans

Développer les connaissances n'est cependant pas toujours facilement applicable. C'est le cas pour les femmes musulmanes qui rencontrent des difficultés spécifiques dans le processus d'intégration, explique l'auteur du rapport, Sabine Schoch.

Elles sont en effet confrontées à un rapport hommes-femmes différent de celui de leur région d'origine. Et Sabine Schoch de citer un exemple: les musulmanes ont souvent de la peine à participer aux cours réservés aux femmes, car elles n'arrivent pas à justifier cette décision auprès de leur mari.

Le rapport insiste par ailleurs sur le fait que les réfugiés sont souvent confrontés à des peurs irraisonnées et à des préjugés. «Une situation dont abusent certains groupements politiques», dénonce Sabine Schoch.

Les réfugiés musulmans sont particulièrement concernés par ces clichés. En effet, les événements des dernières semaines ont provoqué une peur diffuse à leur encontre. Selon le rapport, cette situation doit être prise au sérieux et un important travail de sensibilisation doit être effectué.

La balle dans le camp des cantons

Le rapport met encore en lumière d'autres problèmes. Ainsi, les personnes qui ont subi des tortures dans leur pays ne sont pas suffisamment prises en charge.

L'ODR souhaite que les recommandations contenues dans le rapport soient prises en compte par les autorités politiques. Mais le dossier des réfugiés ne dépend pas seulement de la Confédération.

En Suisse, l'aide sociale dépend principalement des cantons. L'ODR espère donc que le rapport retiendra toute leur attention.

Olivier Pauchard

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