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La Suisse, laboratoire des robots de demain

Moins connue que les montres, le chocolat, lindustrie pharmaceutique ou les technologies spatiales, la Suisse a une autre grande spécialité: la robotique. Elle s’y distingue principalement dans la recherche, même si nombre de ses machines sont déjà sorties des laboratoires.

Ce contenu a été publié le 23 mai 2022 - 09:07

Dans un pays qui excelle en mécanique de précision et en électronique, les robots semblent une évolution naturelle. En 2010, le Fonds national suisse (FNSLien externe) lance le Centre de compétence national (NCCRLien externe) Robotique, le premier de son genre en sciences de l’ingénieur.

Après 12 ans et quelque CHF85 millions investis, les financements vont s’éteindre en novembre 2022. Pour quel résultat? Aujourd’hui, les robots les plus populaires ne sont pas fabriqués en Suisse, mais au Japon, en Corée, en Chine, en Allemagne ou aux Etats-Unis. Le pays n’en est pas moins un leader mondial dans la recherche, et les produits de ses start-ups trouvent leur chemin vers le marché.

A la tête du Laboratoire d’algorithmes et systèmes d’apprentissage (LASALien externe) de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFLLien externe), Aude Billard dirige aussi le nouveau NTN Innovation BoosterLien externe en robotique, qui va favoriser les transferts de connaissances et le passage à la phase industrielle.

Pour certains produits, cette phase est déjà bien avancée. C’est le cas des drones, surtout professionnels, un domaine où les marques suisses sont parmi les plus performantes au monde, comme le montre ce rapide tour d’horizon réalisé en 2018.

Et pourquoi s’en tenir au traditionnel drone-hélicoptère? Le Laboratoire des systèmes intelligents (LISLien externe) de l’EPFL développe un drone en forme d’oiseau. Grâce à la portance de ses ailes, il consomme beaucoup moins d’énergie et peut donc voler bien plus longtemps qu’un drone classique avec une seule charge de batterie. Il possède également des serres, qui lui permettent d’attraper des objets et de se poser sur un fil, éventuellement un fil électrique, pour recharger sa batterie.

Directeur du labo, le professeur Dario Floreano dirige également depuis 12 ans le NCCR Robotique. Il nous a ouvert ses portes.

Ces drones ne sont pas des jouets. Pour autant, ils ne sont pas encore capables de livrer des marchandises ou de réaliser des sauvetages de personnes par exemple. Actuellement, ils servent surtout à regarder et savent voir ce qui échappe à l’œil humain. Ce qui peut être très précieux dans un domaine comme l’agriculture.

Aujourd’hui, personne n’imagine croiser C-3PO ou un Terminator, même dans un labo. Si le robot humanoïde est encore un rêve lointain, certains se rapprochent déjà des animaux, munis qu’ils sont de ces appendices si précieux pour aller partout: des pattes. Dans ce domaine, les machines américaines de Boston DynamicsLien externe sont particulièrement impressionnantes.

En Suisse, on n’en est pas encore là, mais une start-up zurichoise propose déjà des sortes de chiens robotiques, capables de se mouvoir dans des environnements chahutés. On pense ici à des missions de sauvetage, après une catastrophe ou un bombardement. Mais on est encore loin du compte.

Si les robots ne sont pas encore capables de sortir une personne des décombres, ils peuvent en revanche faire beaucoup pour notre santé. Le très vaste domaine de la robotique médicale a été un des mieux représentés dans les projets soutenus par le NCCR.

Cela va des prothèses robotiques aux exosquelettes destinés à redonner de la mobilité aux personnes en situation de handicap, en passant par les robots-chirurgiens.

Pour une de nos lettres d’informations, nous avions rencontré un pionnier du domaine.

Il y aussi le robot-enseignant, boosté par la pandémie et l’enseignement à distance. Mais là, tout le monde est d’accord: il sera peut-être un jour assistant, mais jamais professeur.

Car même s’il est agile, sans peur et rapide, qu’il voit mieux et qu’il calcule plus vite que nous, un robot n’a pas l’intelligence d’un humain. La sienne est artificielle – ce qui fait toute la différence. Jusqu’ici, aucun système d’intelligence artificielle n’a réussi à passer le test de Turing, inventé il y 70 ans, et qui consiste pour un ordinateur à se faire passer pour un humain dans une conversation simple, à l’aveugle.

Tel est l’état des lieux de la robotique en Suisse aujourd’hui. Prometteur ou décevant? Tout dépend des points de vue.

Ce qui est sûr en revanche, c’est que le domaine avance vite. Pour s’en convaincre, il suffit de relire cet article de 2010, lorsque nous avions rendu visite à un certain Dario Floreano, alors nouvellement nommé à la tête de ce qui s’appelait alors Pôle de recherche national (PRN) Robotique.

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