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La Suisse, élève modèle du Fonds monétaire international

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Croissance économique soutenue, politique monétaire rigoureuse: au terme de leur visite en Suisse, les experts du Fonds monétaire international (FMI) accordent une «très bonne note» aux décideurs du pays. Avec tout de même quelques bémols sur la politique agricole, la concurrence et la fiabilité des statistiques.

Ce contenu a été publié le 29 janvier 2001 - 18:07

L'examen annuel de la situation économique et financière des pays membres fait partie de la mission de surveillance du FMI. Durant dix jours, la délégation emmenée par Robert Corker a rencontré les représentants de l'administration fédérale, de la Banque nationale (BNS) et de l'économie privée.

Verdict des experts: la Suisse fait partie des bons élèves du FMI. Avec 3,5% en 2000, la croissance économique n'y avait jamais été aussi soutenue depuis dix ans. Et même avec le ralentissement prévu pour 2001, la fourchette, estimée entre 2 et 2,5%, reste tout à fait honorable.

Côté politique monétaire, le FMI salue les hausses de taux d'intérêts décidées entre fin 1999 et début 2000, qui ont suffi à contrer la poussée inflationniste. La délégation recommande tout de même à la BNS de mieux expliquer au public les raisons qui la poussent à prendre des décisions de ce type.

Autre bon point relevé par les experts du Fonds: les progrès accomplis en matière de politique budgétaire. La prudence dans les dépenses et les produits extraordinaires du droit de timbre et de l'impôt anticipé devraient permettre à la Confédération de boucler ses comptes 2000 avec un excédent de deux milliards.

Attention toutefois, avertit Robert Corker, «il faudra résister fermement à toute pression visant à utiliser ces excédents à d'autres fins que l'amortissement de la dette publique». Une dette qui pour la seule Confédération s'élève à 104 milliards de francs et dont la réduction doit rester un objectif prioritaire.

Dans le domaine agricole, qui reste l'un des marchés les plus protégés en Suisse comme en Europe, le FMI souhaiterait voir Berne s'engager fermement au niveau international pour la chute des barrières protectionnistes. Selon Robert Corker, une libéralisation dans ce secteur ne pourrait que profiter aux pays en développement.

Les experts du FMI aimeraient également voir la Suisse s'engager dans des réformes plus agressives du droit de la concurrence. Selon eux, la législation anticartels a fait des progrès, mais il manque encore à l'arsenal législatif une disposition qui permettrait de punir les contrevenants par des amendes, comme cela se fait dans l'Union européenne ou aux Etats-Unis.

Enfin, seule véritable ombre au tableau: le FMI déplore le manque de fiabilité de certaines statistiques, notamment sur les salaires. Robert Corker écrit carrément que la Suisse «doit faire de sérieux efforts pour en améliorer la qualité et la compréhensibilité, car le manque de chiffres actuellement disponibles entrave de manière importante l'analyse économique.»

Sans en nier la réalité, Georg Rich, chef économiste à la BNS rétorque que le problème est avant tout politique. En période de restrictions budgétaires en effet, les Etats - et pas seulement la Suisse - ont tendance à couper dans les crédits alloués aux offices de statistiques.

Marc-André Miserez

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