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La révision de l'AVS ne satisfait personne

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Après trois jours de débats, le Conseil national a finalement accepté mercredi la 11e révision de l'AVS. Le résultat du vote final (62 oui, 60 non et 63 abstentions!) montre toutefois que le compromis trouvé ne satisfait personne. Tout reste donc à faire.

Ce contenu a été publié le 09 mai 2001 - 15:29

Cette 11e révision vise deux buts principaux: assurer le financement à long terme de l'assurance vieillesse et améliorer les possibilités de retraite anticipée.

Concernant le financement, les députés ont d'abord accepté de relever, dès 2009, l'âge de la retraite des femmes à 65 ans. Cette mesure permettra d'économiser 422 millions de francs.

Accepté également, un arrêté séparé qui prévoit une hausse de 1,5% de la TVA d'ici à 2007-2011. L'augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée rapportera environ 4 milliards de francs.

Le projet prévoyait aussi de couper drastiquement dans les rentes de veuves. Les députés ont accepté des suppressions de rentes de l'ordre de 122 millions. Toutefois, en épargnant les veuves qui ont des enfants, ils ont rejeté la proposition du gouvernement qui aurait permis des économies de plus de 700 millions.

Enfin, dernier point important, la majorité bourgeoise du Conseil national a débloqué 400 millions pour compenser les baisses de rente des personnes qui choisissent une retraite anticipée. Cette compensation est toutefois la formule la plus économique: la majorité de la commission réclamait 800 millions de compensations et la gauche 1,5 milliard.

Au vote final, il n'y a toutefois guère que les démocrates-chrétiens qui ont soutenu en bloc les compromis issus des débats. La fribourgeoise Thérèse Meyer a notamment appelé ses collègues à adopter un consensus «satisfaisant».

Les démocrates du centre et une grande partie des radicaux ont en revanche préféré s'abstenir. Pour la droite proche des milieux économiques, cette 11e révision n'atteint pas le but recherché, soit la sécurité financière à long terme.

A gauche, le discours est diamétralement opposé. Socialistes, écologistes, chrétiens-sociaux et communistes refusent cette 11e révision qui consacre le «démantèlement» de l'assurance vieillesse. L'Union syndicale suisse a également pris position, jugeant «inacceptables» les décisions du Conseil national.

Tant la droite dure que la gauche comptent désormais sur le Conseil des Etats pour modifier le projet de révision. La droite peut y croire, étant donné que la Chambre haute se montre généralement plus conservatrice que la Chambre du peuple.

La gauche attend plutôt son salut du peuple. «Après cette session, il n'y a plus qu'à lancer le référendum», déclarait, irritée, la socialiste vaudoise Marlyse Dormond dans les couloirs du Palais fédéral.

Le Parti du travail a d'ailleurs déjà repris la balle au bond: dans un communiqué, il invite d'ores et déjà «toutes les forces qui considèrent l'AVS comme un pilier fondamental de nos droits sociaux, à s'unir dans le lancement de ce référendum».

Olivier Pauchard

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