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La réforme du système éducatif plébiscitée

De l'école obligatoire à l'université, le système scolaire sera harmonisé. Keystone

Le système éducatif suisse sera harmonisé. 86% des votants et la totalité des cantons ont accepté les nouveaux articles constitutionnels sur la formation.

Ce contenu a été publié le 21 mai 2006 - 12:39

La participation a atteint 27% seulement pour ce scrutin dont l'objet avait déjà obtenu un large soutien dans les milieux concernés.

Comme prévu, la participation a été faible (27%). Ce taux frôle même le plancher historique de 26,7% atteint il y a trente ans.

Quoi qu'il en soit, à l'issue d'une campagne sans passion, le peuple a plébiscité à 86% les nouveaux articles constitutionnels visant à une harmonisation de la mosaïque des systèmes cantonaux.

Tous les cantons ont dit oui à la réforme. C'est à Berne et Neuchâtel que l'objet a recueilli le plus grand nombre de votes favorables (93%). Le Tessin et Appenzell Rhodes-Intérieures sont les moins enthousiastes (59%).

Une telle unanimité est rare. Mais ce n'est pas une surprise: le projet soumis au vote bénéficiait en effet d'un large soutien. Quasiment l'ensemble du Parlement, de la Confédération et des cantons, ainsi que les plus importantes associations et organisations y étaient favorables.

Dimanche, la majorité des milieux concernés et des acteurs politiques ont d'ailleurs salué le résultat du scrutin.

Fédéralisme plus coopératif

Le gouvernement a accueilli avec une grande satisfaction la décision claire du peuple. Le oui est un succès important après des années d'attente, a relevé le ministre de l'intérieur Pascal Couchepin, alors que le ministre de l'économie Joseph Deiss a souligné de son côté les conséquences positives pour la formation professionnelle.

Le président de la Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP) Hans-Ulrich Stöckling s'est réjoui de cette solution orientée vers l'avenir. Il espère maintenant que le nouveau concordat pourra être mis en consultation d'ici deux à trois ans.

Selon Martine Brunschwig Graf, membre du comité «oui à la formation», le souverain a non seulement manifesté une très forte volonté d'harmonisation au niveau national mais aussi sa confiance à l'égard des cantons, qui auront une obligation de résultats.

La député libérale souligne que «c'est la première fois depuis très longtemps qu'un article sur la formation et les universités passe la rampe, signe qu'il s'agit d'un projet équilibré mais aussi que les temps sont mûrs pour un fédéralisme plus coopératif».

Collaborer davantage

Dans le domaine des hautes écoles, cet objectif ne pourra être atteint que si les cantons et la Confédération travaillent mieux ensemble, relève pour sa part Nivardo Ischi, secrétaire général de la Conférence universitaire suisse.

Egalement satisfaite de ce résultat, l'Association faîtière des enseignants rappelle que Berne devra davantage s'engager, notamment en créant un département fédéral de la formation qu'elle appelle de ses vœux.

De son côté, economiesuisse estime que la réforme renforce le paysage de la formation en Suisse. L'organisation faîtière de l'économie se réjouit de la mise en place d'un système assurant une meilleure perméabilité et une offre de formation de haute qualité.

Système à la française

En revanche, les opposants de droite craignent une baisse de qualité de l'enseignement et déplorent une perte souveraineté des cantons.

C'est un pas vers un seul système éducatif à la française, dénonce Oskar Freysinger député UDC (droite dure) et membre du «Comité suisse d'opposition à l'espace éducatif suisse unifié». Or ce système coûtera cher et sera toujours plus bureaucratique.

Sans être contre l'harmonisation de la formation en Suisse, le député popiste (extrême-gauche) Josef Zisyadis prédit un déficit démocratique futur. Il craint aussi la privatisation ultérieure du système scolaire et l'ouverture au privé.

Espace éducatif harmonisé

Après le double oui du peuple et des cantons dimanche, la réforme peut entrer en vigueur immédiatement. Les cantons conserveront leur souveraineté en matière d'instruction publique, mais sont tenus d'harmoniser les principaux paramètres du système de formation.

Les nouveaux articles constitutionnels devraient permettre d'uniformiser l'âge du début de la scolarité et la durée de la scolarité obligatoire, la durée et les objectifs des différentes étapes de la formation ainsi que les modalités de passage de l'une à l'autre.

Par ailleurs, il est prévu que la reconnaissance des diplômes soit harmonisée sur le plan national.

swissinfo et les agences

En bref

L'instruction publique est un principe ancré dans la Constitution fédérale.

Jusqu'ici, la compétence de gérer l'instruction publique relevait des cantons.

La modification constitutionnelle, acceptée le 21 mai par le peuple et les cantons, a pour but d'harmoniser les différents systèmes éducatifs cantonaux.

Exemples d'harmonisation: même âge pour le début de la scolarisation, même durée des études, développement de standards de formation et meilleure reconnaissance des diplômes, etc.

Dans les années 70 déjà, un premier projet d'harmonisation avait été accepté par le peuple, mais rejeté par les cantons qui ne voulaient pas perdre leur autonomie.

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