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La presse salue la maîtrise de «papa» Federer

C'est la quatrième fois que Roger Federer remporte l'Open d'Australie. Reuters

Après son 16e titre de Grand Chelem ajouté à un palmarès déjà sans précédent, Roger Federer fait la une des journaux suisses lundi. Elogieux, les commentateurs soulignent que le Bâlois parfait sa légende en prouvant que sa paternité récente n’ôte rien à son talent.

Ce contenu a été publié le 02 février 2010 - 14:44

«Ce fut l'un des meilleurs matches de ma carrière. J'ai bien joué du début à la fin avec la même intensité. Croyez-moi, cette rencontre fut très serrée!», a commenté le roi Roger dimanche à Melbourne à l’issue de son match contre l'Ecossais Andy Murray.

Un match remporté en trois sets (6-3, 6-4, 7-6) qui vaut au numéro un mondial de figurer en une de la plupart des quotidiens suisses. Unanimement, ceux-ci estiment que Roger Federer n’est pas prêt de céder son trône.

«A 28 ans, Federer est plus fort que jamais», soulignent ainsi le Tages Anzeiger de Zurich et le Bund de Berne dans un commentaire commun.

«La faim de succès de Federer n’est pas encore apaisée», jubile pour sa part le Blick. Et le journal de boulevard de saluer le «retour à la domination» du Bâlois après son passage à vide de 2008.

Même ton emphatique dans l’équivalent romand du Blick: «Et qu'on ne parle pas de coup marketing. Multimillionnaire, adulé, il n'a plus rien à prouver. Roger Federer est un champion d'exception et un type bien. Il est la perfection au masculin», résume Le Matin.

Papa champion

Fidèle à ses habitudes, le quotidien lausannois en profite pour jeter un œil dans la sphère privée du champion. Constatant que «devenu papa en juillet, Federer respire encore plus la sérénité qu'avant», Le Matin titre d’ailleurs «Première victoire de papa Roger».

Moins familier, l’éditorialiste de 24 heures met néanmoins aussi un accent sur la paternité récente du numéro un mondial, se réjouissant que le pronostic d'André Agassi à ce propos ait été déjoué. «C’est très difficile de gagner un tournoi du Grand Chelem en ayant des enfants. Je me demande si je ne suis pas le seul à y être parvenu», avait lâché l'Américain l’été dernier, rappelle 24 heures.

Or «hier à Melbourne, Roger Federer l’a fait mentir: on peut se promener autour du monde avec deux petites filles de 6 mois et remporter haut la main l’un des quatre tournois les plus exigeants de l’année», fait remarquer le quotidien vaudois.

Quant à la très sérieuse Neue Zürcher Zeitung (NZZ), elle fait elle aussi le constat que la paternité n'a rien ôté au talent de Federer. «Bien sûr, ses deux filles vont, à l’avenir aussi, lui coûter de temps à autre une ou deux heures de sommeil», note le commentateur. «Mais pourquoi ne serait-il pas possible de concilier bonheur privé et envie de jouer?», s’interroge-t-il.

De bon augure

Aux yeux du Corriere del Ticino, ce nouveau défi sera surmonté, comme les autres. «Si certains pensaient que la paternité l’avait un peu ramolli, ils se sont largement trompés. Comme se sont trompés tous ceux qui avaient annoncé le déclin de Roger après que Rafael Nadal fut devenu numéro un mondial», note le journal tessinois.

A cet égard, la NZZ juge que ce 16ème titre de Grand Chelem est de bon augure. «A chaque fois que Federer a gagné à Melbourne, il a aussi remporté Wimbledon et l’US Open. Il n’y a pas de raison de penser que cela ne sera pas le cas cette fois», ajoute l'éditorialiste, qui estime que cette victoire ouvre de «nouveaux horizons» au numéro un mondial.

Sur la même longueur d’ondes, la Basler Zeitung promet aussi de nouveaux sommets. «Le niveau atteint par Federer ne laisse planer aucun doute: il n’est pas seulement le meilleur joueur de tennis actuellement en lice sur le circuit, mais il est aussi le meilleur joueur du monde. Après tous les succès déjà enregistrés par le Bâlois, cela présage d’autres grands moments à venir.»

Egalement très confiant, le quotidien tessinois La Regione énumère de son côté toutes les raisons pour lesquelles «Federer ne peut pas perdre»: «Parce qu’il est le seul à jouer le tennis qu’il joue. Parce qu’il est le seul à avoir atteint le seuil de la légende. Parce que ses victoires mettent tout le monde d’accord, même ses adversaires les plus aguerris. Parce qu’il joue une tennis deux fois plus dévastateur qu’eux en faisant deux fois moins d’effort.»

Dans ce concert, seul le Blick se permet un bémol. «Federer ne gagnera peut-être plus douze titres par an». Mais le quotidien zurichois se rattrape aussitôt: «Dans les tournois qui comptent, il [Federer] demeure, comme avant, le champion à battre. Et, parce qu’il ne joue pas pour battre des records mais parce qu’il aime le tennis, il va encore nous en mettre plein la vue ces prochains temps.»

Carole Wälti, swissinfo.ch

Open d'Australie

L’Open d’Australie est dans la saison le premier des quatre tournois du Grand Chelem. Sa première édition remonte à 1905. Il a eu lieu sur herbe jusqu’en 1987, moment où il a déménagé sur la surface en dur du Melbourne Park.

Les deux courts principaux du tournoi sont les Rod Laver Arena et Hisense Arena, dotés de toits rétractables qui peuvent être couverts en cas de pluie ou de chaleur extrême.

En 2009, le tournoi a attiré la plus forte affluence sur un jour dans l’histoire des tournoi du Grand Chelem: 66'018 spectateurs.

Pour cette édition 2010, les vainqueurs empochent 2 millions de dollars australiens (1,9 million de francs suisses) et les seconds 1 million de dollars australiens.

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