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La presse met Ralph Krueger sur la sellette

swissinfo.ch

L'entraîneur de l'équipe suisse de hockey doit-il partir? Au lendemain de l'élimination de la Suisse de «son» championnat du monde, les journaux helvétiques posent la question, tout en reconnaissant les mérites de Ralph Krueger.

Ce contenu a été publié le 05 mai 2009 - 09:51

Pour la troisième fois depuis 1998, la Suisse ne disputera pas les quarts de finale du championnat du monde de hockey.

Malgré une prestation bien plus convaincante que lors de ses dernières sorties, la troupe de Ralph Krueger n'a pu faire mieux qu'une victoire en prolongation 4-3 face aux Etats-Unis lundi soir à Berne.

Saluant une «victoire au goût d'échec», comme le titre le journal de boulevard Le Matin, la presse suisse est unanime à souligner que cette défaite n'est de loin pas méritée.

«Les Rouges à croix blanche ont livré l'une de leurs meilleures performances dans ce tournoi, mais malgré tout, celle-ci ne s'est pas avérée à la hauteur de la situation», déplore le quotidien tessinois La Regione.

Pour ou contre Krueger

Plus que sur le match, c'est en fait sur un homme que se focalisent les commentaires des journaux mardi: Ralph Krueger. Entraîneur de l'équipe nationale de hockey depuis 1997, le Germano-Canadien doit-il rester jusqu'à la fin de son mandat, qui arrivera à échéance officiellement en 2010, année des prochains Jeux Olympiques?

La question suscite des avis très partagés. Du côté de Zurich, le journal de boulevard alémanique Blick est pour sa part catégorique: «La victoire est arrivée 13 secondes trop tard, Krueger est resté un mois de trop», estime-t-il ainsi en une.

A Zurich toujours, le Tages Anzeiger juge lui aussi que le temps d'un changement est venu. «Krueger, qui a longtemps réussi à motiver ses troupes, ne parvient plus à communiquer son enthousiasme. Sa rhétorique s'est usée», constate le journal.

Même son de cloche enfin dans l'éditorial du journal fribourgeois La Liberté, pour qui «il est temps que les patrons du hockey suisse réagissent. La claque prise à Berne devant plus de 10'000 personnes par représentation ne peut pas être balayée d'un revers de la main.»

Les joueurs aussi responsables

A l'instar du Blick, certains commentateurs énumèrent les erreurs qu'ils attribuent à l'entraîneur de l'équipe nationale. «Krueger a renoncé à trop d'attaquants. En mettant Mark Streit au centre, il a mis trop de poids sur un seul homme, ce qui a nui à l'esprit d'équipe. Enfin, sa politique de sélection a conduit dans l'impasse», analyse le journal de boulevard.

Quant à La Liberté, elle critique le parcours «sans saveur» réalisé ces dernières années par l'équipe nationale. Et de condamner un entraîneur «pris dans ses idées et son système, écartant rapidement les fauteurs de trouble potentiels avec l'assurance d'un homme n'ayant aucun compte à rendre à ses employeurs.»

Reste qu'imputer à Ralph Krueger l'entière responsabilité de la déconvenue de lundi est un pas que certains se refusent à franchir. «Les raisons de la défaite vont au-delà des fautes que Krueger seul pourrait avoir commises», souligne ainsi le quotidien bâlois Basler Zeitung.

La Neue Zürcher Zeitung (NZZ) est elle aussi de l'avis que cette défaite n'incombe pas uniquement à l'entraîneur, mais aussi aux joueurs, helvétiques en particulier. «En championnat suisse, la responsabilité de marquer des buts est régulièrement déléguée aux joueurs étrangers», regrette ainsi le journal zurichois.

Perspective 2010

Les commentateurs qui prennent la défense de Ralph Krueger sont par ailleurs nombreux à souligner que l'un de ses mérites est incontestablement la stabilité qu'il a apportée à l'équipe helvétique de hockey.

La Berner Zeitung fait ainsi remarquer que l'ère Krueger a été marquée par un optimisme renouvelé, une professionnalisation accrue de l'équipe de Suisse et une nouvelle dynamique médiatique. «Le Canadien conduit l'équipe depuis l'automne 1997, ce qui est une éternité en sport. Et il est parvenu à créer une stabilité qu'aucun entraîneur avant lui n'avait réussi à mettre en place», poursuit le journal bernois.

«Il serait faux de porter atteinte à la continuité que Ralph Krueger a instaurée depuis 1997 dans les performances de l'équipe de Suisse après un mauvais tournoi», renchérit de son côté la Basler Zeitung.

Moins clément, le Tages Anzeiger met néanmoins en garde: «La sentimentalité est mauvaise conseillère en sport», selon son commentateur. Pour ce dernier, les mérites de Ralph Krueger ne doivent donc pas passer avant le calendrier sportif. Car les défis qui attendent l'équipe nationale de hockey ne manquent pas.

Quant à la perspective des prochains JO d'hiver, elle devrait, estime le journal zurichois, inciter les dirigeants à préparer le changement d'entraîneur dans des conditions optimales.

swissinfo, Carole Wälti

JULIEN SPRUNGER OPéRé

Lourde charge. L'attaquant de l'équipe de Suisse Julien Sprunger, lourdement chargé en début de rencontre par un joueur nord-américian et évacué de la patinoire sur une civière, a subi avec succès une opération mardi à l'hôpital de l'Ile à Berne.

Stabilisation. Les médecins lui ont stabilisé les 4e et 5e vertèbres. Le Fribourgeois ne devrait garder aucune séquelle de cette opération.

Avenir. Agé de 23 ans, Julien Sprunger, engagé avec le club de Fribourg-Gottéron, est l'un des attaquants les plus prometteurs de l'équipe de Suisse. Il a plusieurs fois manifesté son intention de rejoindre la NHL, la prestigieuse ligue nord-américaine, dans un avenir proche.

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Tour intermédiaire

GROUPE E

Suisse - Etats-Unis 4-3 a.p. (1-0 1-3 1-1)

Buts: 10e Ambuehl (Blindenbacher, Streit/à 5 contre 3) 1-0. 26e Hainsey (Pavelski/à 5 contre 4) 1-1. 32e Lemm (Jeannin, Wick) 2-1. 36e Higgins (Ballard) 2-2. 40e (39'48") Hainsey (O'Sullivan/à 5 contre 3) 3-2. 50e Pluess (Du Bois, Ruethemann) 3-3. 61e (60'13") Wick 4-3.

Suisse: Gerber; Blindenbacher, Streit; Bezina, Déruns; Du Bois, Seger; Weber, Josi; Wick, Jeannin, Lemm; Monnet, Sannitz, Sprunger; M.Pluess, Ruethemann, Ambuehl; Romy, Paterlini, Ziegler.

Etats-Unis: Esche; Hainsey, Suter; Johnson, Liles; Niskanen, Ballard; Bogosian; Brown, Backes, Blake; Okposo, O'Sullivan, Oshie; Shannon, Higgins, Pavelski; Stempniak, Wilson, Foligno; Stafford.

BernArena: 10'317 spectateurs

CLASSEMENT
1.RUSSIE 5/14
2.SUEDE 5/10
3.USA 5/8
4.LETTONIE 5/7
5.Suisse 5/ 6
6.France 5/ 0

QUARTS DE FINALE
Russie - Bélarus
Canada - Lettonie
Suède - Rép. tchèque
Finlande - USA

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