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La place financière sous la loupe de la 5e Suisse

350 membres de la 5e Suisse sont attendus à Crans-Montana. Keystone

L’importance et l’avenir de la place financière constituent le plat de résistance du Congrès des Suisses de l’étranger qui a débuté vendredi à Crans-Montana.

Ce contenu a été publié le 29 août 2003 - 08:06

Ce rendez-vous sera suivi avec intérêt également par les partis politiques, en vue des élections fédérales d’octobre.

«Nos compatriotes à l’étranger sont souvent confrontés aux débats autour de la place financière», souligne Rudolf Wyder, directeur du Secrétariat des Suisses de l’étranger, pour expliquer le point fort du 81e Congrès de la Cinquième Suisse qui a débuté vendredi et se termine dimanche, en Valais.

Connue dans le monde entier, la place financière helvétique reflète, à tort ou à raison, l’image de toute la Suisse. Et celle-ci est bonne ou mauvaise, selon les points de vue.

En raison de leur discrétion, de leur efficacité et de leur sûreté, les banques suisses jouissent encore d’une excellente réputation.

Toutefois, elles ont aussi fait parler d’elles à l’occasion de certaines «affaires»: blanchiment d’argent sale, évasion fiscale ou fuite des capitaux.

Ainsi, en Italie, les médias montrent régulièrement du doigt les banques suisses dès qu’il est question de capitaux cachés, affirme Roberto Engeler, président du regroupement des Suisses d’Italie.

Globalement, les Suisses de l’étranger sont souvent mis au pied du mur par des demandes ou des attaques concernant la place financière de leur pays.

Confronter les opinions

En choisissant ce thème pour le Congrès de Crans-Montana, le Conseil des Suisses de l’étranger - le petit parlement de la Cinquième Suisse - veut leur donner l’occasion de s’informer sur les divers aspects de l’un des secteurs clés de l’économie helvétique.

«Nous désirons proposer un vaste éventail d’opinions différentes, quelles proviennent des partisans de la place financière ou de ses détracteurs», explique encore Roberto Engeler.

Pour ce faire, quelques illustres représentants du monde économique et financier suisse ont été invités à prendre la parole lors de la réunion plénière de samedi.

Parmi eux, Jean-Pierre Roth, président de la Banque nationale suisse (BNS) et Jean-Baptiste Zufferey, vice-président de la Commission fédérale des banques (CFB).

Les voix discordantes, comme celle du député socialiste Remo Gysin, ne manqueront pas. Les jeunes Suisses de l’étranger pourront aussi donner leur avis.

Accords bilatéraux en point de mire

L’avenir de la place financière est plus que jamais d’actualité en Suisse aussi. Il en est surtout question dans le cadre du dossier européen, plutôt complexe.

La fiscalisation de l’épargne et le secret bancaire sont les points les plus importants du second paquet des accords bilatéraux, accords sur lesquels Berne et les 15 pays membres de l’Union européenne (UE) planchent depuis plus d’un an.

Ces négociations sont suivies avec un grand intérêt également par les Suisses de l’étranger même s’ils sont moins directement concernés que lors du premier paquet des accords signés avec l’UE. Ce dernier portait notamment sur la libre circulation des personnes.

«La Cinquième Suisse est une partisane convaincue de l’ouverture vers l’Europe. Lors d’une votation qui a eu lieu il y a quelques années, 90 à 95% des membres du Conseil se sont exprimés en faveur d’une plus grande intégration», rappelle Roberto Engeler.

Intérêts partisans

Les membres de plusieurs partis politiques suisses participeront aussi au Congrès de Crans-Montana. A la veille des élections fédérales d’octobre, ils accordent une grande importance au réservoir de votes que constitue la Cinquième Suisse.

En fait, plus de 80'000 des 600'000 Suisses émigrés se sont déjà inscrits dans les registres électoraux communaux ou cantonaux. A eux seuls, ils forment une force électorale qui surpasse, en nombre, celle de plusieurs cantons.

Comme cela a déjà été le cas ces dernières années, la voix de la Cinquième Suisse peut faire pencher la balance lors des scrutins fédéraux.

Mais les Suisses de l’étranger ne veulent pas se contenter de jouer les figurants: 16 d’entre eux se sont d’ores et déjà portés candidats pour le grand rendez-vous politique du 18 octobre prochain.

Un 27e canton?

Leurs chances de succès sont bien sûr minimes puisqu’il leur est difficile de se faire connaître dans leur propre pays. Ils ne peuvent pas non plus compter sur le soutien de la diaspora dont les votes s’éparpillent dans les 26 cantons.

La proposition de créer un 27e arrondissement pour les Suisses de l’étranger sera certainement discutée samedi dans la stations valaisanne. Toutefois, la plus grande partie des représentants de la Cinquième Suisse n’y est pas favorable.

«Cette idée est politiquement irréalisable. Elle devrait être soumise à une votation fédérale et les cantons devraient renoncer à quelques-uns de leurs sièges. Par ailleurs, un 27e canton serait seulement virtuel, sans territoire», estime Rudolf Wyder, directeur du Secrétariat des Suisses de l’étranger.

swissinfo, Armando Mombelli
(Traduction et adaptation: Gemma d’Urso)

Faits

600'000 Suisses vivent à l’étranger.
En 1992 la Cinquième Suisse a obtenu le droit de vote par correspondance au niveau fédéral.
83'000 de nos compatriotes à l’étranger se sont inscrits dans les registres électoraux.

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