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La mort de Robert Hainard, «guetteur de lune»

Le peintre genevois Robert Hainard est décédé lundi à l’âge de 93 ans. Passionné de gravure sur bois, il s’était fait connaître par ses innombrables représentations du monde animal (photo). Beaucoup en Suisse voyaient en lui un pionnier de l’écologie.

Ce contenu a été publié le 28 décembre 1999

Le peintre genevois Robert Hainard est décédé lundi à l’âge de 93 ans. Passionné de gravure sur bois, il s’était fait connaître par ses innombrables représentations du monde animal (photo). Beaucoup le considéraient en Suisse comme un pionnier de l’écologie.

«Je n'ai personne à rendre responsable de ma passion de la nature, elle est le fruit inévitable de mon goût d'être pleinement», écrivait un jour Robert Hainard. Cette passion, il se l’est découverte encore enfant. Il avait à peine dix ans lorsque, muni d’un simple canif, il fit sa première gravure dans un morceau de bois et se mit à tailler des figures d’animaux. Plus tard, ayant passé par l’École des Arts Industriels de Genève, il mettra au point sa propre technique de gravure et contribuera au renouveau de l’estampe en participant notamment à la création de «Xylon», la section suisse de la Société internationale des graveurs sur bois.

Robert Hainard a passé des heures et des heures, de nuit et de jour, à travers toute l’Europe, jumelles aux yeux, crayon à la main, à guetter le castor et le loup, l’ours et le lynx. Il en a ramené des dizaines de milliers de croquis, dessins, aquarelles, gravures ou sculptures. Mais, pour lui, la défense de la nature passait aussi par l’écriture, scientifique et philosophique. «Je veux non seulement le plus de nature possible, mais avec le plus possible de civilisation», disait-il.

A l’image de ces animaux dont il observait minutieusement les traces, Robert Hainard s’en est allé laissant derrière lui de larges et profondes empreintes non seulement dans le monde des images, mais aussi dans l’esprit de tous ceux qui inévitablement ont un jour ou l’autre porté les yeux sur l’un de ses croquis. Et c’est en cela surtout, dans sa manière délicate mais convaincante de changer le regard des gens sur la nature, qu’il mérite ce titre de «père de l’écologie» que d’aucuns lui ont attribué non sans raisons.

Bernard Weissbrodt

croquis de Robert Hainard, tiré du site Internet

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