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La guerre en Irak divise les Américains de Suisse

La sécurité a été renforcée devant les bâtiments diplomatiques américains en Suisse. Keystone

L'opinion des Américains de Suisse à propos d'un éventuel conflit en Irak est contrastée. Elle dépend de leurs tendances politiques.

Ce contenu a été publié le 12 février 2003 - 12:16

Mais, qu'ils soient républicains ou démocrates, ils gardent un profil bas face à l'anti-américanisme ambiant.

Pour Robert Race, membre des républicains de Genève, les Etats-Unis sont la seule nation prête à entreprendre une action préventive contre Saddam Hussein.

«Il s'agit d'une partie de la guerre contre le terrorisme, souligne-t-il. Et Bush semble avoir compris que le terrorisme n'est pas limité par les frontières et les questions de souveraineté.»

Robert Race pense qu'une action militaire des Etats-Unis est nécessaire pour servir de modèle au reste du monde. «Quelqu'un doit intervenir et agir préventivement, poursuit-il. Et je pense que les Etats-Unis sont les seuls à le faire.»

«Mister N» - un autre républicain qui tient à rester anonyme - partage ce point de vue. «C'est un rêve de penser que l'Irak va désarmer, dit-il. Je pense que quelque chose doit être fait et je soutiens l'administration Bush dans sa décision d'aller de l'avant.»

Robert Race est convaincu que Saddam Hussein représente une menace pour le monde. «Je m'inquiète de sa capacité à créer des troubles loin de sa propre région en accordant un abri, de la technologie et de l'aide à des gens qui veulent et sont capables d'utiliser tous ces moyens pour causer des dégâts effrayants», plaide-t-il.

Un autre son de cloche

Contrairement aux républicains, la plupart des démocrates et des indépendants ne sont pas convaincus de la nécessité d'une guerre. Ils sont de plus fermement opposés à une intervention militaire des Etats-Unis sans l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU.

«Je m'oppose à l'unilatéralisme et à l'impérialisme américains, déclare Keri Lijinsky, une démocrate du Maryland. Saddam Hussein n'a pas pris les Etats-Unis pour cible. Alors pourquoi devrions-nous le faire envers lui? Je crois qu'il n'y a pas de raison de faire la guerre, et certainement pas tout seul...»

Installé depuis 20 ans à Genève, John Silvin est politiquement indépendant. Et lui aussi est d'avis que Washington doit avoir l'aval de l'ONU avant de déclencher une attaque contre l'Irak.

«La guerre doit être la décision ultime, dit-il. Or je ne crois pas qu'une attaque contre l'Irak se justifie. Je suis contre la guerre et je préférerais que l'on arrive à une solution plus pacifique.»

Des sentiments anti-américains

En Europe, l'opposition à la guerre a fait naître des sentiments anti-américains. Les citoyens des Etats-Unis se trouvent donc sur la défensive.

Un récent sondage de l'hebdomadaire alémanique «Weltwoche» montre que seuls 2% des Suisses soutiennent une intervention américaine sans mandat de l'ONU. Par ailleurs, 57% des sondés ont ajouté avoir une piètre ou très piètre opinion des Américains.

«Aux Etats-Unis, je pense qu'il est très facile d'être absorbé par le patriotisme ambiant et de marcher derrière la bannière étoilée, déclare Keri Lijinsky. Mais ici, je me sens seule et vulnérable, parce que les gens me demandent tout le temps comment je pourrais supporter cette guerre... alors que je suis contre.»

«Je peux avoir de la sympathie pour cette mauvaise humeur vis-à-vis des Etats-Unis, poursuit la démocrate. Mais jusqu'à un certain point. Je peux aussi être facilement offensée par ce que certaines personnes disent de mon pays. J'aimerais que nous ne soyons pas tous pris pour des tyrans.»

John Silvin comprend également la montée du sentiment anti-américain. «Malheureusement, on n'a pas prouvé d'une manière indéniable que Saddam Hussein possède bel et bien des armes de destruction massive, dit-il. Mais si tel était le cas, je pense que de nombreuses personnes seraient convaincues qu'une action militaire est nécessaire.»

Le républicain Robert Race estime pour sa part que les sentiments de la population européenne et de la presse locale poussent les Américains de l'étranger à adopter un profil bas.

Mais pour «Mister N», cette rhétorique anti-américaine n'est que passagère. Il est convaincu que l'opinion vis-à-vis des Américains va changer. Ce n'est qu'une question de temps.

swissinfo, Anna Nelson à Genève
(traduction: Olivier Pauchard)

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