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La guerre aux particules fines est déclarée

En 24h, ce filtre de mesure posé à Zurich est passé du blanc au noir. Keystone

Le ministre de l'environnement veut mieux protéger la population de la pollution provoquée par les particules fines qui peut causer des cancers.

Ce contenu a été publié le 16 janvier 2006 - 17:48

Le plan d'action de Moritz Leuenberger comprend neuf mesures urgentes, en particulier dans le domaine des transports. A plus long terme, il est question d'imposer un filtre à particules aux nouveaux véhicules diesel.

Les valeurs enregistrées ces derniers jours concernant la concentration de particules fines dans l'air ont «massivement dépassé» le seuil toléré. Cette situation est «très alarmante», reconnaît le chef du Département des transports et de l'environnement (DETEC).

Mis sous pression par certains cantons et pour faire face à cette situation critique, Moritz Leuenberger lance un vaste plan d'action. Une tâche difficile, explique le président de la Confédération, car les sources d'émissions sont multiples (trafic, industrie, machines agricoles, outils de chantiers et chauffage).

Pour lui, il s'agit de ratisser large afin d'englober tous ces domaines en imposant neuf mesures relevant directement de son Département.

Les premières mesures en 2007

Ainsi, les bus diesel de transports publics devront par exemple être équipés dès 2007 de «la meilleure technologie possible pour limiter leurs émissions de poussières fines».

Avec 15% des émissions, les chauffages au bois et l'incinération des déchets forestiers constituent une source importante. Dès 2007, les premiers devront être munis d'un certificat de conformité avec l'Union européenne et les normes seront renforcées pour les chauffages dits automatiques.

La construction de centrales thermiques à bois - une technique très propre - sera encouragée. Enfin, la combustion de déchets de bois en plein air dans les forêts devra être évitée au profit du déchiquetage. L'industrie et l'artisanat seront aussi soumis à des valeurs plus strictes en matière d'émissions de poussière fine.

Interrogé sur l'effet concret de toutes ces mesures, Bruno Oberle, directeur de l'Office fédéral de l'environnement, relève que de manière générale la politique environnementale avance «relativement lentement».

Mais le directeur de l'OFEV est persuadé que ce plan aura un effet visible dès l'hiver prochain.

Des filtres à particules obligatoires

En plus de ce premier paquet, Moritz Leuenberger va présenter prochainement au gouvernement suisse (Conseil fédéral) une série de mesures supplémentaires.

Parmi les plus attendues: l'introduction de l'obligation d'un filtre à particules pour les véhicules privés diesel neuf. Les véhicules militaires et de services de la Confédération seront aussi soumis à cette obligation.

Ces propositions doivent encore recevoir l'aval du gouvernement. Celui-ci devrait se prononcer cette année encore, estime Moritz Leuenberger.

Le chef du DETEC aimerait aussi introduire des incitations fiscales pour les entreprises de transports publics qui prennent des mesures en vue de réduire les émissions de particules fines. Quant aux camions équipés de filtres, ils devraient être intégrés dans la catégorie moins chère de la redevance poids lourds liée aux prestations (RPLP).

Face aux pics de pollution atteints ces derniers jours, pas question pourtant pour le Conseil fédéral de restreindre la circulation de certains véhicules dans les villes. Cette tâche relève de la compétence exclusive des cantons, conclut Moritz Leuenberger.

Halte à «l'hystérie»!

L'Association transports et environnement (ATE) voit le plan d'action du ministre suisse «uniquement comme une première étape» et demande au Conseil fédéral d'introduire l'obligation du filtre à particules dans les plus brefs délais.

L'Association suisse des transports routiers (ASTAG) dénonce pour sa part «l'hystérie» ambiante, jugeant incorrect d'axer les mesures uniquement sur le trafic routier.

L'ASTAG affirme que la majeure partie des particules de poussières fines ne proviennent pas des camions. Le 90% est dû aux trafics individuels et ferroviaire, à l'agriculture, à l'économie d'énergie et aux entreprises industrielles.

De son côté, le TCS estime que les propositions de Moritz Leuenberger vont dans la bonne direction. L'organisation se demande toutefois si l'investissement sera payant, selon son porte-parole Stephan Müller.

Et d'expliquer qu'à la fin 2005, près de 40% des nouvelles voitures diesel étaient déjà équipées d'un filtre. Et de plus en plus de fabricants mettent sur le marché des modèles avec filtres. Selon Stephan Müller, il n'y aura plus guère de voitures produites sans filtre à la fin 2006.

swissinfo et les agences

Faits

En Suisse, 3 millions de personnes vivent dans des régions où le taux limite d'imission de particule fines dans l'air tolérée de 50 microgrammes par mètre cube est régulièrement dépassé.
L'Union européenne adopte la même limite que la Suisse alors que les Etats-Unis ont établi cette dernière à 150 microgrammes par mètre cube.
En Suisse, 21'000 tonnes de particules fines sont envoyées l'air chaque année.
56% pourcents des émissions sont dus à l'abrasion mécanique (freins, pneumatiques,...) du transport privé et public quotidien.
44% par combustion: moteur diesel (17%), chauffage au bois (15%), autres combustions (10%), essence, gaz naturel et pétrole (2%).

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En bref

- Dans la plupart des pays de l'UE, la valeur limite de poussière de précision est dépassée régulièrement.

- Une directive de l'UE prévoit une interdiction impérative du trafic dans les centres-villes en cas de dépassement de la valeur limite.

- En 2005, Commission européenne a rendu moins rigide cette directive : les villes ont désormais cinq ans pour adapter leur politique en la matière.

- Le péage urbain introduit en 2003 a eu comme conséquence une réduction de 18% du trafic et de 12% du taux d'imission de particules fines.

- L'Italie connaît, quant à elle, des dimanches sans voitures.

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