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La faute à Johnny!

Ce contenu a été publié le 16 juillet 2003 - 16:53

Les Saintes Maries de la Mer, haut-lieu de l’internationalisme… La ville tient son nom de Marie Salomé et de Marie Jacobé, proches de Jésus, qui auraient débarqué ici dans les années 40 de notre ère. Et la véritable idole du lieu, c’est Sara la «Kali», vierge noire à l’origine mystérieuse… Sara, objet de vénération et fierté des gitans.

Au Restaurant des Salicornes, un couple anglo-saxon découvre les bonheurs de la rascasse. Et de jeunes Polonais s’attaquent à un pélardon, un fromage de chèvre, mariné à l’huile d’olive et au thym.

A côté de l’hôtel restaurant, Camargue oblige, il y a les «Chevaux des Salicornes». Le patron est bronzé, buriné. Chemise éclatante, chapeau de gardian. Et son accent ne trompe pas: il est du pays. Pourtant il s’appelle Léchot. Comme moi. Et s’il est d’un pays, c’est le même que le mien: un village nommé Orvin, dans la partie sud du Jura suisse, même s’il est né à Diesse, le village d’à côté.

Nous allons faire connaissance… à cheval, bien sûr. Que fait-il là, depuis quand? «Cela remonte au film ‘D’où viens-tu Johnny?’ C’est Johnny qui m’a fait venir ici!» répond Michel Léchot en riant. A l’époque, dans les années 60, l’adolescent rêve de devenir cow-boy aux USA. Grâce à Hallyday, la Camargue sera son Far-West à lui.

En 1965, à 17 ans, il y vient une première fois en vacances. Coup de cœur. Le temps de finir son apprentissage en Suisse, de liquider son école de recrue, et Michel Léchot s’installe en Camargue. Depuis, il arpente la région avec amour: «Les étrangers respectent peut-être plus encore la Camargue et ses traditions que les Camarguais eux-mêmes. Les gens d’ici sont habitués, alors que les extérieurs font plus attention.»

Pendant la saison, il accompagne les cavaliers amateurs. Et sinon, organise de vastes randonnées, s’occupe de dressage, de sellerie, de l’entretien de son ranch. Mais la Camargue change: «Cela devient trop réglementé, trop encadré», dit-il. Administration pointilleuse, contrôles vétérinaires récurrents… «Ce n’est plus la liberté d’avant. Ce n’est plus qu’une apparence de liberté».

C’est pourtant cette liberté qu’il retrouve parfois le soir, lorsqu’il va donner un coup de main aux gardians pour rassembler les taureaux: «Ça, c’est le summum. Pour un cavalier d’ici, monter dans une manade, dans les taureaux… c’est le plus du plus!» Et là, les yeux de Michel, le Camarguais jurassien, s’enflamment.

swissinfo, Bernard Léchot aux Saintes Maries de la Mer

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