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La droite qui rit, la gauche qui pleure

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Les milieux de gauche affichent leur déception. Les partis bourgeois pavoisent. Et le gouvernement sort conforté par le vote de dimanche.

Ce contenu a été publié le 02 décembre 2001 - 22:12

L'attachement du peuple suisse à son armée de milice est indéniable. Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) a pu le mesurer. Suite au net rejet de ses deux initiatives populaires, il a exprimé sa déception.

«Nous ne pouvons pas être contents de ce résultat», a déclaré Nico Lutz, porte-parole du GSsA. «En raison des menaces qui pèsent actuellement sur le monde, le résultat du vote de dimanche est toutefois une bonne base pour poursuivre le travail effectué jusqu'à présent», a-t-il ajouté.

Ce résultat ne remet de toute manière pas en cause l'existence du groupe. Le GSsA va donc poursuivre son engagement afin d'encourager la résolution des conflits grâce à des moyens civils.

Pour sa part, le Parti socialiste, qui avait laissé la liberté de vote sur l'initiative visant à supprimer l'armée, estime que le net refus du peuple est surtout dû à l'insécurité du climat international suite aux attentats du 11 septembre et à la guerre en Afghanistan.

Signal positif pour Armée XXI

Le Conseil fédéral a exprimé sa satisfaction dimanche. Selon le ministre de la Défense Samuel Schmid, ce vote est un signal positif pour la réforme Armée XXI. «Le peuple a su apprécier avec réalisme la situation actuelle, l'utilité et la polyvalence de l'armée », s'est-il félicité.

Pour le Parti radical, ce résultat on ne peut plus clair manifeste l'attachement du peuple à une politique de sécurité raisonnable et «à une armée crédible, efficace, bien formée et bien équipée». Il appelle donc le Parlement à agir «sans œillère» et à se rapprocher de la réforme Armée XXI.

Même son de cloche au PDC, qui s'est réjoui lui aussi du rejet des deux initiatives. Il dit attendre maintenant que le projet Armée XXI soit rapidement traduit dans les faits, tout en mettant l'accent sur le caractère de milice.

Enfin, l'UDC, tout en fustigeant les mots d'ordre «idéologiques» du Parti socialiste, s'est lui aussi déclaré satisfait du double non du peuple. «Même après la chute du rideau de fer, le monde n'est pas devenu plus pacifique, bien au contraire», rappelle l'UDC, tout en soulignant qu'Armée XXI devra être lancée avec force, sans pour autant remettre en cause l'armée de milice et la neutralité.

A cause de la baisse de la Bourse

L'échec de l'initiative «pour un impôt sur les gains en capital» a suscité des réactions très tranchées, caractérisées par un clivage gauche-droite. Le parti socialiste et les milieux syndicaux sont déçus mais parlent de «succès d'estime» alors que le camp bourgeois et les milieux économiques triomphent et saluent la sagesse du peuple suisse.

«Ce scrutin est tombé à un moment extrêmement défavorable, la baisse de la Bourse ayant fait oublier à nombre de personnes les importants gains spéculatifs exempts d'impôts qui avaient été réalisés lors du dernier boom», relève Jean-Claude Rennwald, conseiller national (PS/JU).

Le vice-président de l'Union syndicale suisse (USS) n'est pas surpris: il y voit le résultat «d'une campagne massive, pouvant compter sur un budget de plusieurs millions de francs».

Bureaucratie fiscale

«Le résultat de la votation signifie le rejet sans équivoque d'un renforcement de l'imposition des petites et moyennes entreprises (PME) et confirme le choix d'une place financière suisse forte», a relevé dimanche «économiesuisse», organisation faîtière du patronat.

«Les citoyens ont refusé une augmentation de la bureaucratie et une hausse de la charge fiscale pour la classe moyenne», se sont félicités le parti démocrate-chrétien (PDC) et le parti radical-démocratique (PRD).

«Le rejet de l'impôt sur les gains en capital montre que le souverain n'est pas prêt à admettre un débordement de la bureaucratie fiscale, pas plus qu'il n'accepte que l'Etat puise encore plus dans les poches des citoyens dont bon nombre, même parmi les modestes, possèdent des actions", a renchéri l'UDC.

Une pédagogie des catastrophes

Les Verts se sont dits déçus du net rejet de leur initiative «pour garantir l'AVS - taxer l'énergie et non le travail». Ils estiment qu'elle a été victime d'une «stratégie de sabotage» avec un traitement qui a traîné en longueur.

«Comme dans d'autres domaines, il faudra passer par une pédagogie des catastrophes. Il a fallu Tchernobyl pour que les gens réalisent les dangers du nucléaire», souligne Patrice Mugny.

«Il faudra, précise le conseiller national genevois, quelques pays submergés par la montée des eaux suite à l'effet de serre pour que les gens réalisent qu'on ne peut pas continuer à polluer l'air de cette manière et qu'il faut renchérir l'énergie pour en diminuer l'utilisation».

Les partis bourgeois, opposés notamment à l'imposition de l'énergie hydraulique, se réjouissent au contraire du verdict. Pour le comité bourgeois, l'initiative tenait du «harcèlement idéologique». Le Conseil fédéral a l'intention de présenter d'ici à deux ans un rapport sur une réforme fiscale écologique.

En rejetant les initiatives soumises au vote et en acceptant le frein à l'endettement, peuple et cantons ont soutenu la politique fiscale et militaire du Conseil fédéral et du Parlement. Kaspar Villiger et Samuel Schmid se sont dit satisfaits.

Fiscalité soutenue

«Plus de 4 Suisses sur 5 sont favorables au mécanisme du frein à l'endettement. Cette situation illustre la sensibilité des citoyens suisses aux difficultés financières que connaît notre Etat fédéral et certains cantons», souligne Serge Beck, conseiller national (Lib/GE).

Satisfaction également du côté du ministre des Finances. Pour Kaspar Villiger, le frein à l'endettement permettra «de stabiliser les dettes de la Confédération».

Christiane Brunner, présidente du Parti socialiste - le seul avec les Verts à ne pas avoir soutenu cet objet -, regrette pour sa part de n'avoir pas pu faire comprendre à la population les effets pervers d'un autocontrôle du Parlement.

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