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L'Uni de Moscou à Genève fête ses premiers diplômés

La toute première volée de diplômés. O. Grivat

Il est désormais possible de suivre tout un cursus universitaire en russe à Genève. L'Université d'Etat de Moscou y a célébré la première promotion de son histoire hors de Russie. C'est le reflet de l'importance prise par la communauté russophone en Suisse.

Ce contenu a été publié le 30 octobre 2008 - 17:48

«Il fut un temps où les précepteurs suisses partaient enseigner et éduquer les jeunes Russes de l'empire tsariste. Aujourd'hui, ce sont les Russes qui viennent étudier en Suisse dans leur propre langue», déclare Tamirlan Gassanov, président-fondateur du Centre international universitaire (MGU) à Genève.

Cette semaine était un grand jour pour son établissement privé, puisqu'il a décerné ses huit premières licences en droit de l'Université d'Etat de Moscou Lomonossov. Quatre jeunes hommes et quatre jeunes femmes qui se préparent au métier d'avocat, de juge ou de juriste après avoir éventuellement suivi des cours post grades en Suisse ou dans leur pays d'origine.

Mais qu'est-ce qui peut bien convaincre des étudiants russes de partir en Suisse pour leur cursus universitaire? «La qualité des cours plus personnalisés qu'à Moscou, la sécurité et peut-être aussi l'exemption du service militaire», répond Georges Nivat. L'éminent slaviste qui a enseigné la littérature russe à l'Uni de Genève et publié de nombreux ouvrages est aujourd'hui le recteur du Centre international universitaire MGU dans la ville de Calvin.

Genève plutôt que Fribourg

Les fondateurs de cette université privée (les locaux sont privés et l'écolage y coûte près de 25'000 francs par an) avaient dans un premier temps songé à la ville de Fribourg. Mais les autorisations se sont avérées plus aisées à Genève, où le Département de l'instruction publique a fini par donner son aval, en imposant quelques conditions.

C'est ainsi que les étudiant(e)s mineur(e)s sont logés dans un campus surveillé par des adultes jusqu'à leur majorité. Les professeurs parlent tous russe et un tournus de 80 enseignants en deux ans est venu épauler le staff permanent de Genève.

Le Centre international compte aujourd'hui près de 130 étudiants avec la perspective d'en compter jusqu'à 250. «Pas question de dépasser ce chiffre, prévient Georges Nivat. A l'avenir, nous envisageons de développer la collaboration avec des facultés romandes, par exemple dans le domaine du droit international.»

De plus, il est prévu d'y ouvrir dès l'an prochain une faculté de théâtre grâce à un accord conclu avec l'Ecole supérieure de théâtre de Moscou B. V. Shchukin. Dans cette perspective, une icône russe, le comédien Vladimir Etouche (86 ans), était présent à la remise des diplômes.

De toutes les ex-républiques soviétiques

Parmi les 130 étudiants russophones du Centre international MGU, tous ne viennent pas que de Moscou ou St-Petersburg. «Nous avons aussi des étudiants de Sibérie ou des anciennes républiques soviétiques du Caucase», explique Tatiana Krasnoshchekova, professeur d'anglais.

Grâce au nombre restreint d'étudiants, les cours sont plus concentrés et plus personnalisés qu'à l'Uni de Moscou et sa fameuse tour de 240 mètres de haut construite sous Staline, qui compte ses étudiants par dizaines de milliers (40'000 contre 130 à Genève).

Zarina Bugulova (21 ans) est l'une des étudiantes du Centre international de la Faculté de droit à Genève. Elle y habite depuis cinq ans et maîtrise nettement mieux le français que la plupart de ses collègues d'études. «J'adore la ville, son climat et la gentillesse des gens. A l'avenir, j'aimerais pouvoir continuer à y travailler dans le domaine des affaires ou du droit russe», dit-elle. Elle collabore d'ailleurs déjà avec une étude d'avocats de la place.

Un magazine sur papier glacé

Depuis quelques années, Genève est devenue une capitale mondiale du trading pétrolier avec la présence de géants mondiaux de l'or noir comme Lukoil ou Gunvor. Grâce aux formidables booms des matières premières, les grosses fortunes russes ont amassé des pactoles. Les facilités apportées par la concentration bancaire de places financières comme Zurich et Genève les ont attirés en Suisse.

La communauté russophone de Suisse possède même son propre magazine: Swiss Affiche tire autour de 7000 exemplaires. Son rédacteur en chef Mikhail Goussarov vit en Suisse depuis une douzaine d'années et connaît toutes les subtilités de la vie confédérale.

Edité sur un luxueux papier glacé, son magazine commente dans la langue de Pouchkine les événements de la vie en Suisse et facilite ainsi leur intégration. Vu le niveau de ses pages publicitaires, pas de doute: la communauté russe appartient à la classe aisée à très aisée.

Avec ses banques et ses sociétés de trading, l'éducation et l'enseignement seront de plus en plus des moteurs de l'économie helvétique.

swissinfo, Olivier Grivat

Faits

En Suisse, les résidants russes ou ceux d'ex-URSS seraient près de 30'000.
Selon le correspondant de l'agence TASS, leur nombre serait de 20'000 rien que dans le grand Genève et France voisine.

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Une offre en expansion

Depuis 2003, le Centre International de l'Université d'Etat de Moscou Lomonossov à Genève propose une formation de juriste en droit russe avec des spécialisations en droit international et européen.

En 2006, cette offre a été élargie avec l'introduction d'une formation en droit et gestion de l'environnement. «Certaines traditions russes sont précieusement conservées», explique le fondateur Tamirlan Gassanov. Comme la fête du «Tatjana Dien» (le jour de Tatiana) commémorant la date de fondation de l'Université de Moscou, le 25 janvier 1755, ou la joute philosopho-juridique inspirée du «procès de Socrate». Se fondant sur la législation actuelle, les étudiants rejouent, comme une pièce de théâtre, le procès mené contre Socrate.

Le Centre s'est également fixé pour objectif le développement de relations académiques avec des universités européennes et d'autres pays.

En 2007, un accord a été signé avec les Universités de Genève et de Californie (à Los Angeles), visant à développer des programmes de recherches communs dans le domaine du droit européen.

Le Centre genevois propose ainsi depuis 2006 une formation de juriste écologue, spécialiste en droit et gestion de l'environnement, inspiré du Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg en 2002.

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