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L'ONU exclut une organisation non gouvernementale basée en Suisse

A la suite d’un vote demandé par le Soudan, Solidarité Chrétienne Internationale, dont le siège est à Zurich, a perdu son statut d'observateur à l'ONU. Or c’est grâce à ses campagnes contre l'esclavage au Soudan que cette ONG s'est fait connaître

Ce contenu a été publié le 27 octobre 1999 - 17:29

A la suite d’un vote demandé par le Soudan, Solidarité Chrétienne Internationale, dont le siège est à Zurich, a perdu son statut d'observateur à l'ONU. C’est justement grâce aux campagnes qu'elle a lancées contre l'esclavage au Soudan que cette ONG s'est fait connaître

L'ONG a été sanctionnée pour avoir violé les règlements de l'ONU : le 23 mars dernier, Solidarité Chrétienne Internationale a permis au chef de guerre du Sud Soudan, John Garang, d'utiliser une session de la Commission des droits de l'homme à Genève, comme tribune politique. Suite à une plainte du gouvernement de Khartoum, le Conseil économique et social de l'ONU, l'organisation mère des Nations unies, a donc décidé de sanctionner l'ONG. 26 Etats ont voté pour cette mesure dont la Chine, l'Inde, Cuba ou la Tunisie; 14 Etats s'y sont opposés comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne; enfin 12 Etats ont préféré s'abstenir. C'est le cas de la France, de l'Italie et de l'Espagne.

Solidarité Chrétienne Internationale dénonce un vote politique et déplore l'influence de régimes répressifs au sein des Nations unies. Mais le chef de guerre John Garang, soutenu par l’ONG, n'est pas non plus l’incarnation personnifiée de la charité chrétienne et ses troupes ont commis de nombreuses exactions. L'organisation reconnaît d'ailleurs avoir commis une erreur en le laissant parler en son nom propre.

Mais il y a plus grave que cette épisode. L'UNICEF conteste l'activité même de l'organisation au Soudan : les rachats hautement médiatiques d'esclaves sud soudanais sont contre-productifs. L'UNICEF estime même que cette politique peut favoriser le trafic d'esclaves.

Enfin l'organisation elle-même ne remplit pas tous les critères de fiabilité. Selon le ZEWO, le principal organisme en Suisse de contrôle des oeuvres d'utilité publique, les comptes de Solidarité Chrétienne Internationale manquent de transparence. Le ZEWO ne peut donc donner sa garantie à un donateur potentiel.

Frédéric Burnand

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