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L'hommage de Pascal Couchepin à Pierre le Grand

La statue de Pierre le Grand, le Cavalier de Bronze, à Saint-Pétersbourg. www.neve.ru

Grâce à Pierre le Grand, quelques Suisses ont permis à la science de faire de grandes avancées.

Ce contenu a été publié le 11 juillet 2003 - 11:42

Jeudi à St-Pétersbourg, un colloque a évoqué le passé, soulignant un présent moins favorable aux échanges. A cause d’une fuite effrénée des cerveaux.

«Nous sommes ici pour célébrer le grand projet scientifique de Pierre le Grand».

C’est en ces termes que le Président de la Confédération, Pascal Couchepin, a commencé son allocution lors de la journée de la science des «Swiss Days» à l’Académie des sciences de St-Pétersbourg.

Par le passé, de nombreux suisses ont contribué à la gloire de l’Académie des sciences de l’ancienne capitale impériale. Raison pour laquelle, un colloque leur était consacré jeudi.

Les bâlois Leonhard Euler et Daniel Bernouilli

Fondée en 1724, l’Académie offrait des conditions idéales aux chercheurs rameutés dans toute l’Europe par un souverain qui voulait moderniser son pays.

«Nos études sur ces personnages, en particulier les bâlois Leonhard Euler et Daniel Bernouilli, ont suscité l’intérêt des historiens russes. Leurs informations étaient lacunaires car l’héritage de Pierre le Grand n’a pas enthousiasmé les autorités soviétiques», explique l’historien suisse Rudolf Mumenthaler.

Pour Pascal Couchepin, la création de l’Académie des sciences par Pierre le Grand est une question qui reste d’actualité pour les hommes politiques actuels.

«L’Etat doit permettre le développement de la science même si elle ne débouche pas sur des découvertes immédiates. Mais c’est en revanche une condition nécessaire au développement d’un pays», explique le Président.

Et à l’heure actuelle, la société bâloise de mathématiques Bernouilli, invitée au colloque, a lancé plusieurs initiatives pour raviver l’esprit qui animait cette époque de progrès. Elle prévoit de financer une publication et une exposition.

Une fin soudaine

Mais durant ces années glorieuses pour les scientifiques suisses, les échanges n’étaient pas à sens unique.

C’est en Suisse que les premières femmes russes ont pu faire des études universitaires. A la fin du XVIIIe siècle, les universités des arts excluaient les femmes des études supérieures.

Il faut dire aussi que, dans les universités suisses, les représentantes de la gent féminine se comptaient sur les doigts de la main. Il n’empêche, la première femme à terminer ses études dans une université suisse était de nationalité russe.

Mais la collaboration universitaire développée entre la Suisse et la Russie appartient désormais à l’histoire.

«La Révolution d’octobre a tout détruit. La plus grande partie des émigrés sont rentrés chez eux. L’ambassade de Suisse a même été mise à sac avant d’être incendiée. Seuls quelques militants communistes suisses – mais il s’agit de personnes isolées – ont cherché à s’insérer dans la nouvelle société soviétique», se rappelle Rudolf Mumenthaler.

Et il a fallu attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour que les deux pays renouent des relations diplomatiques.

Après l’écroulement de l’économie planifiée, seuls quelques suisses sont repartis chercher fortune en Russie. Mais au niveau universitaire, un seul échange officiel est répertorié.

La fuite des cerveaux

Les analystes estiment que, sous l’ère soviétique, les sciences dures – mathématiques et physique - ont été développées de manière exceptionnelle durant des décennies. Des qualités recherchées bien sûr dans le secteur informatique, mais pas uniquement.

Durant les années 90, la Russie est malheureusement tombée dans un chaos institutionnel qui n’offrait pas les garanties nécessaires pour mettre sur pied des collaborations sérieuses.

«Dès lors, les universités américaines et canadiennes sont venues chercher les spécialistes russes en déployant des méthodes agressives, affirme Rudolf Mumenthaler, entraînant ainsi des problèmes pour garantir le niveau de la recherche».

Des Russes à l’EPFZ

Mais la Suisse ne reste pas les bras croisés. Des initiatives sont en cours. «Des spécialistes russes sont arrivés à l’Ecole polytechnique de Zurich. Il s’agit surtout de géologues ou de spécialistes de l’extraction des matières premières comme le pétrole, dont la Russie est richement dotée», poursuit l’historien.

Ils ne travaillent pas encore sur des projets concrets, mais les premières rencontres ont démontré qu’ils avaient une très bonne connaissance de la technique et de problèmes dont l’Occident n’avait pas encore conscience.

A St-Pétersbourg, les autorités ne tiennent pas à contempler la fuite de leurs cerveaux «brain drain» sans rien faire. Ce n’est donc pas par hasard que le recteur de l’académie, accompagné du Prix Nobel de physique 2000, ont accueilli ensemble le Président de la Confédération.

Pascal Couchepin, en tant que ministre de l’Intérieur, est également responsable de la science et de la recherche suisses.

swissinfo, Daniele Papacella et Jean-Didier Revoin, St-Pétersbourg

Faits

La cinquième journée de la semaine suisse de St-Pétersbourg était placée sous le signe de la science.
Malgré l’attrait exercé par la Russie sur les scientifiques suisses dans le passé, elle a du mal à perpétuer cet engouement.
Ses scientifiques les plus renommés, ont pour la plupart émigré vers les Etats-Unis ou le Canada.

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En bref

Après son allocution à l’Académie des sciences, le Président de la Confédération a inauguré une exposition intitulée «Think Time- Think Swiss Excellence».

Organisée dans le cadre du jubilé de St-Pétersbourg, le but de cette exposition, à laquelle la Fédération horlogère suisse a pris une part active, est de rappeler les traditions et compétences helvétiques.

A travers les 100 montres offertes par la Suisse à St-Pétersbourg, dont les impulsions permettent la mesure du temps, les autorités des deux pays voient le moyen de donner un nouveau souffle aux relations qui unissaient ces deux entités jusqu’à la révolution soviétique.

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