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L'histoire du 1er avril, un canular en soi

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Farces et plaisanteries sont toujours au rendez-vous. Mais l'origine du poisson d'avril s'est perdue dans la nuit des temps.

Ce contenu a été publié le 31 mars 2002 - 23:02

C'est un rituel auquel on n'échappe pas. Chaque année, à la même date, les journaux nous servent des canulars, les enfants découpent des poissons en papier et les rêveurs se font épingler.

Bref, c'est le jour des farceurs, du poil à gratter et de l'hilarité. Mais bien malin celui qui dira d'où sort cette étrange tradition. Les experts, qui se sont penchés sur le certificat de naissance du poisson d'avril, ne dénombrent pas moins de 800 hypothèses.

La majorité d'entre elles se fondent sur un coup de tête de Charles IX. En 1564, le monarque français aurait décidé de modifier le calendrier de sorte que le début de l'année civile soit transféré du 1er avril au 1er janvier. Les nostalgiques auraient toutefois continué de célébrer la fête printanière en instaurant l'usage des farces et attrapes.

Le canular du calendrier

Mais à en croire l'historien Jean-Daniel Morerod, cette explication sans cesse ressassée est, elle aussi, à classer au nombre des canulars du 1er avril. «Si l'on étudie le XVIe siècle français, on constate que l'année n'a jamais commencé un 1er avril. Selon les régions, elle débutait à Noël, à Pâques, le 25 mars ou le 1er mai.»

«Par ailleurs, à cette époque, la population avait déjà pour coutume de fêter la nouvelle année à la mode romaine, soit le 1er janvier», ajoute l'historien.

Autrement dit, Charles IX a bien modifié le calendrier pour l'aligner sur les pratiques en usage. Mais il n'est nullement responsable des canulars du 1er avril.

Un pur produit français

D'ailleurs, le terme de poisson d'avril était utilisé bien avant l'avènement du roi de France. «La littérature en faisait mention en 1465 déjà, affirme Jean-Daniel Morerod. Le terme désignait alors les entremetteurs - également appelés maquereaux - qui étaient chargés de favoriser les amours d'autrui».

Le poisson d'avril serait donc un pur produit français dont la signification s'est transformée au fil du temps. Toutefois, les traditionnelles facéties du 1er avril, elles, existent bien au-delà des frontières de l'Hexagone.

Pour célébrer le jour des canulars, les Ecossais parlent de «coucou d'avril». Quant aux allemands et à la majorité des anglo-saxons, ils associent cette date à la fête de la folie. Sans pour autant la rattacher à une quelconque créature à plumes ou à écailles.

Des fêtes contagieuses

Mais si les facéties du 1er avril ont fait des émules, la tradition, elle, continue de préserver jalousement le mystère de ses origines.

Reste une certitude qui semble échapper aux querelles des spécialistes: les Grecs, eux aussi, avaient leur fête du rire. Les «Hilaria», joyeusetés dédiées au dieu du rire, se déroulaient durant la première semaine d'avril.

Des fêtes bigrement contagieuses si l'on admet qu'elles ont traversé l'espace et le temps.

swissinfo/Vanda Janka

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