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L'Europe manifeste contre Israël

7000 manifestants à Berne, une participation importante à l'échelle de la Suisse. Keystone

Le soutien en faveur des Palestiniens de Gaza a mobilisé plus de 7000 manifestants à Berne, des dizaines de milliers d'autres ailleurs en Europe. À Londres et à Paris, notamment, un imposant dispositif de sécurité a été mis en place par crainte de débordements.

Ce contenu a été publié le 10 janvier 2009 - 17:43
swissinfo.ch et les agences

Plus de 7000 personnes ont participé samedi à Berne à une manifestation pour dénoncer l'agression israélienne dans la bande de Gaza.

Ueli Leuenberger, président des Verts, a appelé le Conseil fédéral à intervenir auprès du gouvernement israélien pour exiger la fin des violences. «Nous abominons toute violence militaire qui touche des civils», a déclaré le député genevois dans une allocution à la foule.

Le député vaudois Joseph Zisyadis a quant à lui appelé la population à la solidarité avec les Palestiniens. «Il n'y a aucune solution militaire à ce conflit», a-t-il déclaré à la foule, ajoutant «Palestine, pourquoi la communauté internationale t'a-t-elle abandonnée?»

Guy Bollag, membre de l'organisation «Voix juive pour une paix juste entre Israël et la Palestine», a rappelé que de nombreux juifs dans le monde étaient aussi contre cette guerre. «Nous sommes préoccupés, tristes et furieux au vu de l'escalade de la violence» dans cette région, a-t-il ajouté. Il a également condamné les tirs de roquettes du Hamas sur Israël.

Dans le cortège, des manifestants scandaient: «Nous sommes tous des Palestiniens» ou «Israël, terroristes».

Londres, Paris, Berlin, Milan, Athènes...

Des milliers de personnes ont également manifesté ailleurs en Europe. A Londres, en début d'après-midi, la police estimait à 12.000 le nombre de manifestants. Mais selon les organisateurs, ils étaient près de 100.000 rassemblés près de Hyde Park, dans le centre de la capitale, pour manifester leur soutien aux Palestiniens de Gaza.

A Paris, plusieurs milliers de personnes ont commencé à manifester en milieu d'après-midi aux cris d'«Israël assassin» et «Halte au massacre».

De 20.000 à 30.000 personnes étaient attendues à cette manifestation placée sous haute surveillance pour éviter les incidents (pillages, voitures brûlées, actes de vandalisme) qui avaient éclaté après la marche de samedi dernier, qui avait réuni 21.000 personnes. Quelque 3800 policiers et gendarmes ont été mobilisés contre 650 la semaine dernière.

Plus de 80 manifestations étaient prévues samedi en France à l'appel du 'Collectif national pour une Paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens', qui regroupe des associations, des partis de gauche et des syndicats.

En Allemagne, quelque 10.000 personnes, en majorité issues de la communauté turque, ont manifesté à la mi-journée à Duisbourg (ouest), selon la police. Une autre marche était prévue à Berlin.

Quelques milliers de personnes dont de nombreux Palestiniens installés en Italie ont manifesté à Milan et Turin aux cris de "Israël terroriste" et "la Palestine est ma terre".

En Grèce, ils ont été plus de 2000 à défiler dans la matinée dans les rues d'Athènes et Salonique (nord, scandant «liberté à la Palestine» et «Non aux massacres et aux blocus».

Dans le nord aussi

Plus de 10.000 personnes ont manifesté dans les pays nordiques, la mobilisation la plus importante en Scandinavie depuis le début du conflit.

Des incidents ont émaillé la manifestation à Oslo, qui a rassemblé 2.000 personnes, avec des tirs de feux d'artifice et des jets de pierre, qui ont fait deux blessés. La police a répondu en dispersant la manifestation à l'aide de gaz lacrymogènes. Des dégradations ont également été commises à Copenhague, en marge d'une manifestation.

A Stockholm, entre 4.000 et 5.000 personnes se sont rassemblées dans le centre-ville avant de se rendre devant l'ambassade israélienne.

swissinfo et les agences

Le CICR dénonce

La situation des civils «piégés» dans la bande de Gaza est de «plus en plus précaire», s'est inquiété samedi le Comité international de la Croix Rouge (CICR).

«Alors que les opérations militaires entrent dans leur troisième semaine, la situation des civils devient de plus en plus précaire», a indiqué le CICR samedi dans un communiqué. «La population piégée dans des zones où ont lieu des opérations militaires est particulièrement affectée», poursuit-il.

Le CICR, qui a réduit ses activités vendredi dans la ville de Gaza pour des raisons de sécurité, fait état de dizaines d'appel de personnes bloquées dans ces zones qui ne sont pas atteignables et qui ont de plus en plus de difficultés à maintenir le contact avec l'extérieur.

Selon le comité, la pression de la population aux abois augmente sur les humanitaires dont les conditions de travail sont compliquées par les tirs armés.

Parallèlement, la situation médicale empire en particulier pour les soins primaires. «Beaucoup de centre de soins primaires ne marchent plus», souligne ainsi le CICR.

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La guerre à gaza

Le 27 décembre 2008, Israël a lancé des raids aériens massifs sur la bande de Gaza. Le 3 janvier, l'offensive terrestre était lancée.

Selon l'AFP, jusqu'au 8 janvier, près de 780 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza et plus de 3200 autres ont été blessés.

La situation humanitaire est dramatique. Les hôpitaux sont débordés et manquent de tout. L'électricité et l'eau sont partiellement coupées.

En Israël, plusieurs personnes ont été tuées ou blessées par les tirs de roquettes lancées de Gaza.

Le 8 janvier, l'UNRWA a décidé de suspendre ses opérations à la suite d'un tir d'obus israéliens contre un de ses convois qui a fait au moins un mort.

L'ONU appelle à un cessez-le-feu immédiat, mais Israël a indiqué que l'opération continue.

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