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L'avenir de Nez rouge en danger

Les bénévoles de l'antenne Nez rouge de Neuchâtel répondent aux appels pour organiser les rapatriements. Keystone

La subvention de 150’000 francs versée à Nez rouge par le Fonds de la sécurité routière est supprimée. Le gouvernement rejette le recours de la fondation.

Ce contenu a été publié le 16 mars 2005 - 17:21

Le rapatriement des conducteurs éméchés durant les Fêtes est ainsi menacé.

La Fondation Nez rouge est composée de bénévoles qui raccompagnent à domicile les conducteurs trop éméchés ou trop fatigués, ainsi que leur véhicule. L’opération se déroule durant les Fêtes de fin d’année.

Cette idée d’origine québécoise a été reprise en Suisse en 1990. Le but est de faire diminuer le nombre d’accidents de la circulation.

Une incitation à boire



Le Fonds de la sécurité routière (FSR) estime que l'Opération Nez rouge ne constitue par un moyen de prévention, mais une incitation à consommer de l'alcool. Il assimile cette action à une activité de transport.

Le FSR estime certes que les activités de Nez rouge «contribuent à diminuer les accidents de la circulation, mais que ces activités ne correspondent pas au 'comportement modèle' que tout conducteur devrait adopter face au problème de l'alcool au volant, ni au message 'Qui conduit ne boit pas!' que le Fonds souhaite diffuser».

Fin mars 2004, le FSR – qui dispose chaque année de près de 16 millions pour la prévention des accidents – avait donc refusé la demande d'aide financière de Nez rouge. L'opération avait tout de même pu être menée en 2004 grâce à des contributions de la Loterie romande et des fonds de loterie de plusieurs cantons.

Le gouvernement vient de rejeter le recours que Nez rouge avait alors déposé contre la suppression de la subvention. Les autorités motivent leur décision en expliquant que le FSR dispose de capitaux restreints «dont l'utilisation doit faire l'objet d'un usage économe et approprié».

Recherche de sponsors



L'aide financière du FSR servait uniquement à coordonner les Opérations Nez rouge au niveau suisse. Si les 150’000 francs supprimés ne peuvent pas être remplacés, le secrétariat national devra être fermé.

«Cela ne veut pas dire que l'Opération Nez rouge disparaîtrait forcément. Elle pourrait continuer au niveau régional, mais elle serait moins coordonnée au niveau national», explique Roselyne Fähndrich, responsable du secrétariat général.

La fondation devra donc trouver des fonds pour compenser la suppression de la subvention. «Nous sommes à la recherche de solutions. Nous avons lancé un appel pour trouver des sponsors, notamment des entreprises», explique Roselyne Fähndrich. Selon les sommes que pourraient verser des sponsors, le secrétariat général, doté de l'équivalent d'un poste à 80%, pourrait aussi être restructuré.

La demande d'aide financière au FSR ne représentait que 1% de la somme mise annuellement à disposition du fonds, relève encore la fondation. Un seul accident grave évité représente une somme plusieurs fois supérieure aux 150’000 francs, ajoute-t-elle dans son communiqué.

Un aspect parmi d’autres



Le Bureau suisse de prévention des accidents (BPA) regrette également la suppression de la subvention. «Le travail effectué par Nez rouge est sensé et s’inscrit dans une politique de prévention des accidents qui compte plusieurs aspects, comme par exemple l’implication des restaurateurs», relève son porte-parole Rolf Moning.

«Le Fonds pour la sécurité routière s’est cependant réorganisé et se concentre désormais uniquement sur quelques points clef, poursuit-il. Quelques-uns de nos projets n’ont pas non plus été soutenus.»

swissinfo et les agences

Faits

Lors de la 1ère opération, en 1990, les volontaires ont effectué 97 transports
En 2004, 6110 volontaires ont effectué 8272 transports pour un total de 318'577 kilomètres et raccompagné 16'554 personnes à domicile
Nez rouge est connu de 87% de la population
Le 23 février 2005, 25'855 personnes ont signé une pétition de soutien à la fondation

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En bref

- L’opération Nez rouge est née au Québec en 1984.

- L’idée séduit le médecin cantonal du Jura. La première opération Nez rouge a lieu dans ce canton en 1990.

- Les années suivantes, les opérations s’étendent dans la plus grande partie de la Suisse romande.

- S’étendant à la Suisse alémanique (1994) et au Tessin (1996), Nez-Rouge prend une envergure nationale.

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