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L'autre Davos met le cap sur Nairobi

Plus de 100'000 personnes - dont une délégation suisse - sont attendues entre le 20 et le 25 janvier dans la capitale kenyane pour la septième édition du Forum social mondial.

Ce contenu a été publié le 19 janvier 2007 - 20:58

Le plus grand rendez-vous mondial des organisations non gouvernementales (ONG) et des mouvements sociaux, promet de placer l'Afrique au coeur des débats.

Pour son édition 2007, la plus importante assemblée internationale de mouvements altermondialistes a choisi, pour la première fois le continent africain, et plus précisément l'Afrique anglophone.

Ce Forum social mondial (FSM) fait suite aux événements décentralisés qui ont eu lieu l'an dernier au Mali, au Venezuela et au Pakistan.

La voix de l'Afrique

«Jusqu'à présent, les FSM - exception faite pour l'édition de 2004 - ont été dominés par la présence des délégations latino-américaines et européennes, relève Pepo Hofstetter, porte-parole d'Alliance Sud, qui organise, avec l'ONG E-Changer, le voyage de la délégation helvétique. A Nairobi, il nous sera possible de prendre le pouls des mouvements africains».

Les nombreux séminaires, rencontres et autres ateliers de discussion au programme du Forum feront la part belle aux thèmes vitaux pour le continent noir, comme le Sida, les mouvements migratoires, la condition de la femme, la paix et les conflits armés, ainsi que l'allègement de la dette.

Pour le Brésilien Chico Whitaker, l'un des fondateurs du FSM, Nairobi promet de devenir «un lieu de convergence des peuples et des nations africaines avec le monde, et du monde avec le continent africain.»

Place à la société civile

Face à la relative faiblesse des mouvements sociaux locaux, d'aucuns redoutent que le rendez-vous de Nairobi ne se transforme avant tout en un podium réservé aux puissantes ONG internationales, ainsi qu'aux églises.

«En Afrique, le forum devrait contribuer à renforcer la société civile, qui a souffert de la répression exercée par plusieurs régimes dictatoriaux», observe le député Carlo Sommaruga, l'un des trois parlementaires fédéraux qui prennent part au voyage kenyan.

Les préoccupations des observateurs et des experts portent avant tout sur la situation qui gangrène l'Afrique orientale, et en particulier la Somalie et le Soudan. «Les problèmes conjoncturels qui frappent cette région pourraient reléguer les grandes questions stratégiques au second plan», retient pour sa part Sergio Ferrari, de E-Changer.

Le dynamisme du FSM

Depuis sa première édition à Porto Alegre au Brésil, en 2001, le FSM s'est développé de manière exponentielle, tant par le nombre d'activités et que celui des participants. «La croissance n'est pas seulement quantitative, mais aussi qualitative», précise encore Sergio Ferrari.

Selon lui, les rendez-vous et les activités proposés par le FSM ont permis de consolider les liens entre les divers mouvements sociaux de la planète.

Un avis que partage Vania Alleva, de l'Union syndicale suisse (USS), présente pour la seconde fois au FSM. Pour elle, «les Forums permettent de créer des relations et de conclure des alliances avec des mouvements sociaux aux quatre coins du monde; un aspect fondamental pour les mouvements syndicaux».

Les débats portant sur l'avenir même du FSM constitueront aussi un pan important de cette édition de Nairobi. Une partie des altermondialistes souhaiterait adopter un véritable programme politique en réponse à la perte de vitesse du mouvement et pour mieux combattre les forces du capitalisme. D'autres, à l'inverse, préfèreraient que l'événement reste un espace ouvert, consacré aux débats.

De fait, la quatrième journée du Forum sera consacrée à la planification des campagnes pour 2007 et 2008. «De cette édition de Nairobi, j'attends une transition vers une plus grande résistance face à la globalisation, une meilleure coordination des actions ainsi que des propositions concrètes», explique Carlo Sommaruga.

Présence suisse

La délégation suisse au FSM de Nairobi est composée de 35 personnes, parmi lesquelles des parlementaires, des représentants d'ONG et des mouvements sociaux, des syndicalistes, des journalistes ainsi que deux fonctionnaires de la Direction suisse du développement et la coopération (DDC).

«Il s'agit d'une délégation sensiblement plus petite que celle des éditions 2004 et 2005, mais avec une présence marquée des rangs syndicalistes», relève Sergio Ferrari. Les organisations suisses participeront activement à divers séminaires dans le cadre du FSM et ce, en collaboration avec leurs partenaires internationaux.

swissinfo, Andrea Tognina
(Traduction de l'italien, Nicole della Pietra)

En bref

Le Forum social mondial est le plus grand rassemblement d'ONG et de mouvements sociaux s'opposant à la globalisation et aux forces néolibérales.

Le mouvement est né en réponse et comme alternative au Forum économique de Davos (WEF), qui se tient durant la même période. Le FSM s'est tenu pour la première fois en janvier 2001, dans la ville brésilienne de Porto Alegre.

Le slogan qui a accompagné toutes les éditions du FSM est: «Un autre monde est possible».

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Activités suisses à Nairobi

Au sein du FSM, Alliance Sud (qui réunit les 6 principales organisations d'aide au développement helvétiques), soutien en particulier la création d'un réseau pour la justice fiscale en Afrique (partie prenante du réseau mondial Tax Justice Network) ainsi que les activités du mouvement pour les droits d'accès à l'eau potable.

Le Parti socialiste, l'USS et Swissaid participent au lancement de la campagne internationale «Decent work for decent life» (un travail décent pour une vie décente).

L'Action de Carême, organise pour sa part et en collaboration avec la Coopération internationale pour le développement et la solidarité un séminaire sur l'impact sur le développement de l'extraction du gaz et du pétrole.

De son côté, Terre des hommes Suisse présente un projet artistique avec 20 jeunes provenant de Colombie, de Suisse et de plusieurs pays africains.

De plus, comme en 2005, un groupe de jeunes Genevois, profiteront de leur voyage d'étude pour assister au Forum de Nairobi.

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