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L'ancien commissaire Fausto Cattaneo met en cause Carla del Ponte

Dans son livre, Fausto Cattaneo se garde cependant de parler d'incompétence. Keystone

Dans son livre «Comment j'ai infiltré les cartels de la drogue», Fausto Cattaneo prétend que Carla del Ponte s'est toujours évertuée à bloquer ses enquêtes lorsqu'elle était procureur du Tessin. Du côté de la magistrate, on se refuse à tout commentaire.

Ce contenu a été publié le 12 février 2001 - 17:25

L'histoire racontée par l'ancien commissaire de police donne froid dans le dos. Lors d'un procès contre des trafiquants de drogue, un mafieux colombien est entendu à titre de témoin. Il sort une vieille photo de Fausto Cattaneo et déclare tranquillement: «Je la porte toujours sur moi et pourtant je ne suis pas homosexuel».

Le policier suisse sait qu'un contrat est lancé contre lui. Sa tête est mise à prix pour 250 000 dollars. D'ailleurs, la police espagnole vient d'intercepter un commando de tueurs colombiens. Elle trouve sur eux une liste de cibles. Et Fausto Cattaneo est en tête, devant le célèbre trafiquant Escobar junior.

«Je ne suis pas trop surpris d'apprendre qu'aucun magistrat suisse n'estime nécessaire d'enquêter sur les tueurs interceptés en Espagne», écrit Fausto Cattaneo, auteur de «Comment j'ai infiltré les cartels de la drogue».

Pire: selon l'ancien commissaire, le parquet décide de verser au dossier l'intégralité de ses rapports, y compris les plus confidentiels, ceux qui concernent les techniques d'enquête. Comme si, ajoute Fausto Cattaneo dans son livre, on cherchait à mettre au courant les trafiquants des moindres secrets des policiers, de leur manière d'agir, des noms de leurs informateurs.

Au moment de cette histoire, Carla del Ponte est procureur au Tessin. La magistrate ouvre son réquisitoire en affirmant: «Je ne suis pas une fan des opérations d'infiltration». Puis, abordant les grandes enquêtes internationales, celle qui va devenir procureur de la Confédération, puis procureur du Tribunal pénal international, n'hésite pas à lancer: «Il est préférable que chacun balaie devant sa porte».

Aujourd'hui à la retraite, Fausto Cattaneo n'hésite pas à accuser l'une des femmes les plus célèbres de Suisse. Il prétend qu'elle n'a jamais cessé de lui mettre des bâtons dans les roues. Cela surtout lorsqu'il était sur le point de faire exploser de puissantes organisations mafieuses.

Toutefois, l'ancien commissaire se garde de franchir le pas, d'évoquer une éventuelle complicité ou de parler d'incompétence. Enigmatique, il se contente en effet de lancer: «J'ai enfin compris pourquoi, dans les conditions actuelles, la lutte contre le grand trafic international de drogue est vouée à l'échec».

Les accusations sont particulièrement graves. Pourtant, à La Haye, au siège du Tribunal pénal international , où travaille aujourd'hui Carla Del Ponte, on se contente de rétorquer: «Fausto Cattaneo a écrit un livre dans lequel chacun en prend pour son grade et il n'y a pas de commentaire à faire là-dessus».

Proche collaborateur de Carla Del Ponte et ancien porte-parole de la magistrate lorsqu'elle était procureur de la Confédération, Dominique Raymond précise tout de même: «Il est de notoriété publique que ce Monsieur Cattaneo a eu des problèmes psychiques».

Quant à la procureur du TPI, elle ne s'est pas exprimée personnellement sur la question. Motif? Elle était absente d'Europe ces deux dernières semaines pour cause de voyage professionnel à Arusha, au siège du Tribunal pour le Rwanda.

Ian Hamel avec Alain Franco à La Haye

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