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L'agriculture suisse victime des intempéries

Les céréales sont les premières victimes de l'été pourri. Keystone

Le mauvais temps du mois de juillet laisse craindre une récolte de blé de moindre qualité. Quant aux cultures maraîchères, elles ne répondent déjà plus à la demande. Une partie des légumes mis sur le marché doit être importée.

Ce contenu a été publié le 04 août 2000 - 18:04

Les producteurs de céréales suisses chiffrent d'ores et déjà leurs pertes à quelques 10 millions de francs. En effet, le climat particulièrement humide de ces dernières semaines a fait germer une partie des blés qui, par conséquent, ne pourra plus être utilisée pour la panification. Ces céréales de moins bonne qualité seront donc reléguées au rang de fourrage. Une production qui rapporte nettement moins que celle réservée à la fabrication du pain.

«Soixante-dix pour cent des moissons sont d'ores et déjà terminés, précise Fritz Glauser, secrétaire de la Fédération suisse des producteurs de céréales. A ce stade, nous pouvons affirmer qu'un quart du blé panifiable sera déclassé. Et, si la météo ne s'améliore pas durant les prochains jours, la situation risque encore de s'aggraver.»

Les différentes régions ont été inégalement touchées. Les pertes sont particulièrement lourdes en Suisse alémanique. Dans le canton d'Argovie et de Thurgovie, on estime que 80 à 90 pour cent de la production a germé sur pied.

Reste qu'après avoir craint une véritable pénurie de blé panifiable, les producteurs se font moins alarmistes. «Les besoins en blé suisse se chiffrent entre 380 et 390 tonnes par année. Vu que la production initiale a été assez élevée cette année, nous seront certainement en mesure de répondre à la demande, affirme Fritz Glauser.»

La situation est, en revanche, moins positive du côté des cultures maraîchères. Alors que la production suisse satisfait généralement aux besoins de la consommation indigène, les légumes importés ont déjà fait leur apparition sur le marché. Corollaire de cette situation: les prix de certains produits risquent de prendre l'ascenseur d'autant que les producteurs européens ont, eux aussi, rencontré des problèmes météorologiques.

«Au niveau suisse, près de 50 pour cent des légumes de saison ont été détruits le mois dernier, affirme Thomas Weiland, responsable du marché à l'Union maraîchère suisse. Le manque à gagner pour les producteurs se chiffrera en millions de francs mais, pour l'heure, il est encore impossible d'avancer un chiffre vraisemblable.»

C'est que, non contentes d'avoir rasé les cultures existantes ou contribué à propager les maladies, les intempéries ont également détruit les serres et limité la préparation des prochaines récoltes. Ce sont donc des pertes à plus long terme que les maraîchers suisses vont devoir affronter.

Note positive toutefois dans ce paysage dévasté: le vignoble suisse, lui, a bien résisté au mauvais temps. Mieux, fort d'un printemps particulièrement ensoleillé, le raisin pourrait même être vendangé avant l'heure et le millésime 2000 s'inscrire dans le répertoire des bonnes années.

Vanda Janka

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