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L'Acropole au cœur d'une dispute architecturale

La maquette du nouveau musée de Bernard Tschumi. Keystone

Une polémique oppose archéologues et architectes grecs. La pomme de discorde: le nouveau musée de l'Acropole du Suisse Bernard Tschumi.

Ce contenu a été publié le 21 février 2002 - 08:52

C'est en effet l'architecte Bernard Tschumi qui a remporté avec son confrère grec Michalis Fotiadis le concours international, le troisième d'une longue série amorcée il y a dix ans, pour la construction de ce musée.

Celui-ci devrait accueillir les frises du Parthénon, actuellement détenues par le British Museum. A l'origine, une idée lancée par feu l'actrice Melina Mercouri.

«Ces frises ont été dès le début mon guide pour les plans de ce musée», a souligné Bernard Tschumi à Athènes, lors de la présentation de la maquette. Au quotidien Kathimerini, il déclarait: «il est des musées qui n'ont pas de collections importantes, qui doivent avoir quelque chose de particulier pour attirer le visiteur. Il en est d'autres qui ont des collections et la seule chose qu'il faut alors faire, c'est renforcer l'intérêt déjà existant. Le nouveau musée de l'Acropole aura une collection, et quelle collection!»

Bernard Tschumi affirme par ailleurs connaître «le moindre détail de tout ce qui sera accueilli dans ce lieu», et avoir travaillé avec cette collection en permanence dans sa tête. A l'arrivée, un musée qui «jouera de la lumière naturelle», alors que la plupart des musées usent de la lumière artificielle.

L'opposition d'un Comité de citoyens

Doté d'un budget de 46 millions d'Euros, le projet de Bernard Tschumi prévoit la construction d'un bâtiment à trois niveaux, d'une surface de 25 000m2. Et cela au pied du rocher sacré dont la partie supérieure sera recouverte de verre.

«L'importance de la lumière et l'orientation du musée permettront de revaloriser les sculptures, lesquelles seront placées au dernier étage de la construction. Elles seront dans un musée, certes, mais avec l'Acropole en fond et la lumière d'Athènes pour les baigner», a souligné l'architecte.

Cette démarche n'a pas apaisé la colère du Comité des citoyens contre la construction du nouveau musée de l'Acropole. «Il s'agit d'un acte de vandalisme, a déclaré l'archéologue Yiannis Haimis. Le verre n'est pas invisible à l'œil nu, le Rocher Sacré et l'Acropole constituent un tout que vient violer ce musée, qui restera à jamais un corps étranger.»

«De plus, poursuit avec véhémence l'archéologue grec, ce musée va empêcher d'explorer le versant sud du Rocher, où l'on a déjà fait d'importantes découvertes remontant au Paléolithique.

Yainnis Haimis a déposé des recours auprès de l'UNESCO et de l'Union européenne, il en attend le résultat et refuse de commenter le travail de Bernard Tschumi. «Je n'ai rien contre sa maquette, c'est le lieu qui est mal choisi», souligne-t-il.

Non sans ajouter qu'il y a dix ans, Bernard Tschumi avait protesté contre le projet d'architectes italiens qui avaient présenté une maquette du futur musée de l'Acropole «qui ressemblait à un véritable supermarché».
«A l'époque, le Suisse avait dénoncé l'emplacement choisi. C'était le même qu'aujourd'hui. Maintenant, comme c'est lui qui construit, cela le dérange moins», conclut Yiannis Haimis

Le ministre grec de la culture, Evangelos Venizelos, rejette en bloc toutes ces accusations. Il a même refusé de recevoir les membres du comité. Ce même groupe d'archéologues s'est opposé pour les mêmes raisons et sans succès à la construction du nouvel aéroport de Spata, et au centre de canoë kayak près du site de Marathon.

La construction du musée devrait commencer en juillet prochain. Il doit impérativement être prêt pour les Jeux Olympiques de 2004. Yainnis Haimis n'en a cure, «ce projet est dangereux» dit-il. «Comment voulez vous que les Anglais nous rendent les frises si nous-mêmes nous détruisons le Rocher Sacré?»

Angélique Kourounis, Athènes

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