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L'école romande devra recruter ses enseignants en France

Deux écoles vaudoises cherchent désespérément sept enseignants pour la rentrée d'août. Keystone Archive

Deux écoles secondaires vaudoises tentent de recruter des professeurs en France voisine. Cette opération met en évidence de manière criante une pénurie d'enseignants qui menace de s'installer en Suisse. Et, l'entrée en fonction des Hautes écoles pédagogiques risque encore de péjorer la situation.

Ce contenu a été publié le 19 juillet 2001 - 19:50

C'est par la voie de petites annonces, insérées mercredi dans les pages d'un quotidien régional français, que deux écoles vaudoises ont révélé l'ampleur de leur désarroi. Elles cherchent à recruter sept enseignants pour la rentrée du mois d'août.

Des problèmes d'organisation

«Quatre enseignants suisses ont déjà été trouvés avant la publication de l'annonce», a précisé, jeudi, le responsable de l'Office du personnel enseignant au Département de la formation de la jeunesse du canton de Vaud.

«Les deux collèges concernés étaient confrontés à des problèmes d'organisation spécifique, souligne encore Claude Gendroz. Une telle situation ne devrait pas se produire dans d'autre établissements du canton».

Mais les responsables l'admettent volontiers: le manque d'enseignants commence à se faire cruellement sentir. D'ailleurs, le mois dernier, la Conférence suisse des directeurs cantonaux (CDIP) l'a admis implicitement en lançant une campagne visant à revaloriser l'image de la profession. Histoire de la rendre attractive.

Dans la foulée, la CDIP a reconnu que la pénurie d'enseignants touchait la Suisse alémanique. En revanche, la Suisse romande connaissait, selon la Conférence, une situation équilibrée.

La situation va s'aggraver

Le moins que l'on puisse dire c'est que cet équilibre paraît précaire. «Pour la rentrée, tous nos postes sont repourvus, explique François Laville, chef du service de l'enseignement dans le canton du Jura. Toutefois, les difficultés se feront sentir en cas de nombreux congés non planifiés».

Et Francois Laville de préciser que la situation devrait s'aggraver ces deux prochaines années en raison de nombreux départs à la retraite.«Je ne peux pas exclure que nous soyons alors obligés de recourir à des enseignants français», déclare encore le responsable jurassien.

Ce ne serait d'ailleurs pas une nouveauté. En Suisse Alémanique, les cantons de Saint-Gall ou de Schaffhouse ont déjà recruté du personnel de l'autre côté de la frontière. Jurassiens et Vaudois admettent volontiers en avoir déjà fait de même. La procédure est d'ailleurs parfaitement légale.

L'entrée en fonction des Hautes écoles pédagogiques (HEP) risque encore de perturber la situation. «Pour ce qui est de l'enseignement primaire jurassien, explique Francois Laville, la formation va passer de deux à trois ans. En 2003, il n'y aura donc pas de nouveaux diplômés sur le marché.»

De nouveaux maîtres spécialistes

Situation différente mais non moins complexe dans l'enseignement secondaire. «Les étudiants commenceront leur formation au mois d'août dans la HEP vaudoise. Ils sortiront déjà avec un diplôme au printemps 2003, précise Claude Gendroz. De plus, avec deux périodes d'entrée possibles, le système sera plus souple».

Pour sa première volée, la HEP vaudoise ne devrait toutefois pas former plus de 19 maîtres spécialistes. Le Séminaire pédagogique vaudois de l'enseignement secondaire (SPES) - chargé pour une dernière saison de former ce même type d'enseignants - enregistre quant à lui 250 inscriptions. Du jamais vu auparavant.

«La formation HEP dure six mois de plus que le SPES, explique Patrick Maibach, responsable adjoint au service de l'enseignement secondaire supérieur et de la formation du canton de Vaud. De plus elle est financièrement moins attrayante».

Et pour cause. Les stagiaires du système actuellement en vigueur percevaient un salaire d'environ 3'500 francs par mois. Les étudiants HEP devront se contenter de 1'400 francs et ce, uniquement durant les six derniers mois de formation.

Le responsable vaudois reste toutefois persuadé que la nouvelle formule ne représentera pas un frein au recrutement de nouveaux maîtres spécialistes.

«Après cette période transitoire où elle est en concurrence avec le SPES, la filière HEP retrouvera tout son intérêt, affirme Patrick Maibach. Et de rajouter que «pour améliorer l'attractivité des HEP, les parlementaires vaudois envisagent déjà d'améliorer la rémunération des étudiants».


Vanda Janka

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