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Justice: vers un bras de fer dans l'affaire du «Kremlingate»

Les chefs d'inculpations contre Behgjet Pacolli, le patron de Mabetex, n'ont pas été révélés.(archives) Keystone

Lundi, le juge genevois Daniel Devaud a attendu en vain l'entrepreneur russe Victor Stolpovskikh. Le patron de la société tessinoise Mercata devait être inculpé pour blanchiment d'argent sale et participation à une organisation criminelle.

Ce contenu a été publié le 26 juin 2000 - 19:40

Deux chefs d'inculpation fermement rejetés par le défenseur de Victor Stolpovskikh. «Comment peut-on accuser mon client de blanchiment alors que l'argent reçu par Mercata provient du propriétaire des bâtiments historiques restaurés, qui n'est autre que la Fédération de Russie?», s'interroge Me Lucio Amoruso. Vendredi passé, l'avocat a d'ailleurs annoncé au juge Devaud que son client demandait le report de sa convocation et proposait d'autres dates.

Depuis le 27 avril 1999, le juge genevois s'intéresse aux mouvements financiers concernant les entreprises de construction Mabetex et Mercata. Basées à Lugano, ces deux sociétés auraient versé des pots-de-vin en échange de juteux contrats pour la rénovation du Kremlin.

Une seconde surprise pourrait se produire mardi. Behgjet Pacolli, le patron de Mabetex, devrait logiquement se présenter devant le juge pour se voir signifier les mêmes chefs d'inculpations. Reste à savoir s'il se présentera à cette convocation. Dans le cas contraire, le juge pourrait engager un bras de fer et lancer un mandat d'amener.

Vendredi dernier, Daniel Devaud a reçu, puis inculpé, deux financiers et un avocat genevois pour participation à blanchiment et participation à une organisation criminelle. Ils sont soupçonnés d'avoir collaborer au montage destiné à camoufler l'origine des fonds. Les trois inculpés contestent avoir commis une quelconque infraction.

La justice genevoise a suivi la piste de quelque 70 millions de dollars de commissions qui auraient été versés par Mercata et Mabetex à une vingtaine de membres de l'ancienne administration présidentielle russe. En première ligne figure Pavel Borodine, l'ex-intendant du Kremlin. Le juge Devaud a d'ailleurs lancé, fin décembre, un mandat d'amener à diffusion internationale pour blanchiment d'argent contre ce bras droit de l'ancien président russe Boris Eltsine.

Les investigations auraient permis d'établir que près de 4 millions de dollars de commissions ont été versés par Mabetex à des dirigeants russes, notamment à Pavel Borodine, à son adjoint Andrei Savtchenko, ainsi qu'à l'ancien vice-premier ministre Oleg Soskovets.

Luigino Canal

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