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Jubilée de Gotthelf, le Shakespeare bernois

L'oeuvre de Gotthelf a été adaptée au cinéma, comme ici avec "Die Käserei in der Vehfreunde" en 1958. Keystone Archive

«Sur les pas d’un original»: ce slogan donne le ton de cette année Gotthelf, avec quelque 150 manifestations en l’honneur d’Albert Bitzius, alias Jeremias Gotthelf.

Ce contenu a été publié le 24 octobre 2004 - 11:14

Ce qui montre que, 150 ans après sa mort, le pasteur et poète bernois n’a rien perdu de son actualité.

A Lützerflüh, village de l’Emmental où Gotthelf a passé sa vie, est organisée l’une des manifestations finales de ce jubilée 2004, inauguré le 4 avril dernier par le ministre bernois Samuel Schmid.

Le 22 octobre 1854 mourrait Jeremias Gotthelf, l’un des poètes suisses les plus connus. Albert Bitzius, de son vrai nom, a observé et décrit, dans ses 13 romans et 75 récits, les tensions entre l’ancien et le moderne, entre le monde agraire et la révolution industrielle, les villes et les campagnes.

Il était né 57 ans plus tôt à Morat, du pasteur Sigmund Bitzius et d’Elisabeth, née Kohler. La Révolution helvétique éclata peu après, mettant fin à des siècles de domination patricienne sur les villes et les campagnes et permettant aux troupes de Napoléon d’occuper la Suisse.

Les premières années du petit Albert furent donc été marquées par la confusion ambiante et rien ne le prédestinait à devenir un jour écrivain. L’un de ses instituteurs se plaignit même un jour qu’il «écrivait comme un cochon».

Mais Albert fut d’abord pasteur, comme son père. Grand admirateur de Heinrich Pestalozzi, il s’intéressa aux conditions sociales et contribua à réformer l’école et la société.

Une passion tardive pour la poésie



Il a fallu 39 ans pour que le pasteur Bitzius devienne l’écrivain Jeremias Gotthelf. Son premier roman paru en 1837, «Le Miroir des paysans», contenait déjà tous les germes de son programme social et politique.

D’abord, il faisait contrepoids à la vision idéalisée des campagnes du romantique autrichien Biedermeier. Il a cloué au pilori la corruption des fonctionnaires communaux, les dysfonctionnements de l’école et l’exploitation de la main d’œuvre enfantine.

De même, Gotthelf a impitoyablement dénoncé les convictions rétrogrades des campagnes, la morale, l’éloge de la santé par le travail et, bien sûr, la piété. Sans ménager ses critiques contre la cruauté, le lucre, l’avarice, la cupidité, l’exploitation et l’alcoolisme.

Pas très populaire



Gotthelf n’était pas très populaire parmi ses ouailles. Par peur de se voir figurer dans ses livres, ils l’évitaient plutôt.

Mais les villageois devaient bien passer par son église et il en a profité. Ainsi on raconte que, juste avant que la cloche n’annonce la fin du sermon et alors que ses paroissiens s’apprêtaient à se rendre au bistrot, il avançait l’horloge et lançait «Vous reprendrez bien un petit verre»?

Il était si peu aimé de la population bernoise de l’Emmental que l’annonce de sa mort, en 1854, ne prenait qu’une ligne.

Les gens de Lützelflüh n’étaient pas près de lui pardonner de les avoir brocardés dans ses livres puisque, 35 ans plus tard, ils ont fait les pires difficultés lorsqu’il s’est agi d’installer une pierre commémorative.

swissinfo, Etienne Strebel
(Traduit de l’allemand: Isabelle Eichenberger)

Faits

Naissance le 4 octobre 1797 à Morat.
Publication du premier roman «Le Miroir des paysans» en 1836.
13 romans et 75 récits publiés jusqu’à sa mort en 1854.

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