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«Cartes postales» de créateurs suisses expatriés... Rolf Kesselring, écrivain, ancien éditeur, nous adresse son courrier de la région de Nîmes.

Ce contenu a été publié le 19 mai 2002 - 11:15

Je ne sais pas si, en vieillissant, je deviens plus attentif ou plus maniaque, mais depuis quelque temps je ne peux m'empêcher de regarder, avec une acuité accrue, ce qui s'écrit dans la presse helvétique.

Je traque la prose des journalistes avec une attention plus particulière. Peut-être qu'il a fallu que je m'expatrie pour devenir sensible à de petits détails qui passent inaperçus et qui, moi, m'agacent.

Lecteur vorace

Fonction de cette tendance paranoïde, je lis les journaux de chez nous avec beaucoup plus d'attention qu'aux temps où j'habitais encore la Confédération. Je dévore tout, depuis les pages économiques jusqu'aux rubriques sportives, des potins mondains et vulgaires aux recettes de cuisine.

Je détaille, avec la même allégresse pointilleuse, les avis mortuaires, les nouvelles locales ou les petites annonces. Offres d'emploi, véhicules à vendre, propositions immobilières ou état de la Bourse, tout y passe...

Souvenirs, souvenirs

À chaque fois, je m'extasie sur le nombre de publicités que font paraître ces dames de la fesse payante (comme disait Brassens) et celles des boutiques qui proposent des gadgets sexuels et de la littérature idoine.

Le souvenir des nombreux procès que me firent les autorités, à l'époque, pour avoir osé importer dans nos cantons quelques journaux satiriques ou certains magazines de bandes dessinées légèrement olé-olé, me revient et me porte à sourire. Ma Suisse a bien changé! Bien sûr, il s'agit d'un constat et non pas d'un reproche...

Révolution ou abandon?

C'est ainsi qu'en ouvrant un grand journal très sérieux (ou qui se veut tel) du bout du Lac, l'autre jour, j'ai découvert l'article d'un journaliste parlementaire connu, à ce qu'on me dit, pour sa rigueur et son sérieux, et qui se faisait le reflet d'un rapport du Département fédéral de l'économie concernant les prévisions de croissance dans le plan de législature prévu pour la période 2003-2007.

Quelle ne fut pas ma surprise de trouver, sous la plume de cet éminent correspondant, le nom de Pascal Couchepin devenu, soudain, «ministre» tout comme s'il était un membre d'un gouvernement français ou italien, et non plus «conseiller fédéral» comme le voulait traditionnellement notre jargon politique national! Quelques lignes plus loin, le même transformait, sans remord aucun, le «Département fédéral de l'économie» en «Secrétariat d'Etat à l'économie».

Un instant, cette évolution, me surprit. Ensuite, une question empoisonna mon esprit: cette nouvelle manière de nommer nos gouvernants et nos institutions participait-elle d'un esprit léger, peu rigoureux, voire ignorant, ou, plus prosaïquement, d'une volonté révolutionnaire qui m'aurait échappé, à moi l'expatrié au fond de cette garrigue provençale?

swissinfo/Rolf Kesselring

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