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Journée mondiale de l'eau: les Suisses bien servis

75% des Suisses font confiance à l'eau du robinet. Keystone

L'homme a besoin d'eau potable pour vivre. De ce côté-là, les Suisses n'en manquent pas. Mieux, ils n'hésitent pas à boire de l'eau du robinet, même s'ils ne savent rien ou presque d'elle.

Ce contenu a été publié le 22 mars 2001 - 12:19

La grande majorité des Suisses apprécie la qualité de l'eau potable. C'est le résultat d'une enquête d'opinion publiée, jeudi, à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau.

Selon les chiffres présentés par la Société suisse de l'industrie du gaz et des eaux (SSIGE), seuls 25% de la population estiment que l'eau du robinet peut contenir des substances douteuses.

Revers de la médaille: la population connaît mal les structures qui supervisent la distribution de l'or bleu. Et 71% des personnes interrogées avouent ignorer le prix de l'eau qui coule de leur robinet.

Rien d'étonnant à cela. Le consommateur est en effet pieds et poings liés au monopole du service public chargé de lui fournir l'eau potable. Et les distributeurs, autrement dit les communes, sont manifestement peu enclins à la transparence.

Pour preuve, sur les 3000 distributeurs que compte la Suisse, quelque 160 ont participé à une enquête lancée par le surveillant des prix en 1997. De son côté, la Société suisse de l'industrie du gaz et des eaux a renoncé à mener une étude comparative.

«Les distributeurs rechignaient à transmettre leurs informations internes», déclare Nicolas Houlmann, délégué romand du SSIGE. «Il faut dire que tous les services publics n'ont pas encore une comptabilité analytique leur permettant de séparer les coûts de façon détaillée, ajoute Nicolas Houlmann, les nombreux paramètres qui influencent le prix de l'eau sont difficilement comparables».

Il est vrai que toute comparaison semble relever de la prouesse statistique. En Suisse, le prix moyen de l'eau est estimé à 1,50 franc le m3. A Martigny l'eau du robinet revient à 30 centimes le m3. Dans les montagnes neuchâteloises, son prix avoisine les 4,50 francs.

«Cette disparité des prix est essentiellement liée aux conditions locales d'approvisionnement, explique Jean-Marc Revaz, directeur des Services industriels de Martigny. Il dépend des coûts de pompage, de traitement et d'acheminement de l'eau. Il faut également tenir compte de la topographie et de l'étendue du réseau».

Les spécialistes s'accordent à dire que 80% du prix de l'eau sont liés aux infrastructures. Le calcul du tarif dépend également du nombre de consommateurs. «Mais, admet Nicolas Houlmann, les services industriels prennent également une marge qui est difficile à évaluer».

Les services concernés affirment pour leur part que les prix de l'eau généralement pratiqués en Suisse sont calculés au plus serré. Et ils couvrent tout juste les dépenses occasionnées par l'entretien d'un réseau vieillissant.

Une chose est certaine: ces dernières années, le prix de l'eau potable a pris l'ascenseur. A Genève, le tarif moyen au mètre cube a augmenté de 80% en dix ans. L'année dernière, Monsieur Prix a dû intervenir pour bloquer cette spirale du renchérissement dans la ville du bout du lac. Objectif: éviter que le poids des investissements soit systématiquement reporté sur le consommateur.

Pour faire face à la situation, certains en appellent à la libéralisation du marché. «Cette proposition est difficilement envisageable dans un secteur où les marges de rentabilité sont inférieures à 20% du prix de vente», résume Philippe Collet, conseiller à la SSIGE.

Difficile également sans l'adhésion de la population. Et, à en croire l'enquête publiée par la Société suisse de l'industrie du gaz et des eaux, 86% des citoyens interrogés sont fermement opposés à la privatisation de la distribution de l'eau potable.

Vanda Janka

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