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Jacques Piccard fête ses 80 ans

Jacques Piccard, entouré de modèles de bathyscaphes. Keystone Archive

Jacques Piccard est l'homme qui a atteint le point le plus profond de l'océan. A 80 ans, il reste plus que jamais attaché à la protection des lacs et des mers.

Ce contenu a été publié le 28 juillet 2002 - 11:34

Membre d'une dynastie qui a, à plusieurs reprises, inscrit son nom dans le livre des records, Jacques Piccard n'entend pas ralentir ses activités pour cause d'âge avancé.

Il continue à travailler très activement à la Fondation pour l'étude et la protection de la mer et des lacs, une fondation qu'il a créée en 1966 à Lausanne.

«Il y a encore beaucoup de choses que je souhaite accomplir avant de passer sur l'autre rive, déclare le savant. J'ai de nombreux projets et j'espère bien être capable d'en réaliser au moins un ou deux.»

Jacques Piccard s'occupe actuellement d'un programme qui permet à des enfants vaudois de découvrir le fond du lac Léman dans un sous-marin de poche. Durant ces plongées, ils peuvent notamment prendre conscience des problèmes de pollution.

Ce programme correspond d'ailleurs parfaitement aux préoccupations de Jacques Piccard, puisqu'il s'est donné pour mission de mieux faire connaître les dangers qui menacent les ressources en eau de la planète.

La passion de l'eau

Né à Bruxelles, Jacques Piccard est entré dans l'Histoire en 1960. C'est en effet à cette date qu'il est devenu «l'homme le plus profond du monde». En compagnie de l'Américain Donald Walsh, il a atteint le point le plus profond de l'océan (10'916) mètres, dans la Fosse des Mariannes.

Aujourd'hui encore, le scientifique considère que cette plongée dans le bathyscaphe (un sous-marin spécialement conçu pour résister à l'énorme pression rencontrée dans les grands fonds) fut l'un des plus grands exploits de sa vie.

«Ce fut une véritable démonstration des capacités du bathyscaphe - nommé Trieste - inventé par mon père, Auguste Piccard», déclare-t-il.

Mais, en Suisse, Jacques Piccard est peut-être davantage connu pour sa participation à l'exposition nationale de 1964 à Lausanne. En effet, à cette occasion, son mésocaphe, l'«Auguste Piccard», avait permis à quelque 33'000 passagers de découvrir les fonds du Léman.

Une dynastie au service de la science

Quand Jacques Piccard parle de ses plongées dans les profondeurs, il se réfère constamment à son père et à son grand-père. Il considère en effet que leurs travaux l'ont inspiré et lui ont fourni le savoir-faire nécessaire pour concrétiser ses propres idées.

«Nous comptons de nombreux scientifiques dans la famille s'enorgueillit Jacques Piccard. Le premier fut mon grand-père, Jules Piccard, qui enseigna à l'université de Bâle. Dans les années 1880, c'est lui qui installa le premier téléphone dans la ville.»

«Ensuite, mon père, Auguste Piccard, accomplit le premier vol dans la stratosphère en 1931. Il atteignit l'altitude de 17'000 mètres à bord d'un ballon. Ses travaux ont permis d'étudier le phénomène de brume cosmique, peu connu à l'époque, et de démontrer que l'homme peut survivre à très haute altitude dans une cabine pressurisée.»

Mais Jacques Piccard est également très fier de pouvoir parler du dernier membre de la dynastie à avoir inscrit son nom dans le livre des records.

«Mon fils Bertrand est le premier à avoir fait le tour du monde en ballon sans escale, rappelle-t-il. Et s'il a réussi cet exploit, c'est notamment grâce aux informations qu'Auguste a recueillies lors de son vol stratosphérique 68 ans auparavant.»

De nombreuses bougies à souffler

A l'occasion de son anniversaire, Jacques Piccard organise une petite réception à Lausanne avec sa famille et quelques amis. «J'ai trois enfants et neuf petits-enfants; je doute qu'ils mettent 80 bougies sur mon gâteau, mais je pense qu'il y en aura quand même un bon nombre pour symboliser mon grand âge», lâche-t-il en riant.

Quant au vœu le plus cher du désormais octogénaire, c'est de maintenir vivante sa passion pour l'océan. La mission semble réussie: «quelques enfants m'ont déclaré vouloir faire ce que je fais quand ils seront plus grands», confie-t-il.

swissinfo/Samantha Tonkin

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