Navigation

Italie: une escroquerie de 800 millions passe par la Suisse

Une partie des détournements aurait eu lieu à travers un intermédiaire suisse. Keystone

A Zurich, Genève et Lugano, des banques et des sociétés suisses ont été utilisées pour blanchir des millions détournés à la société napolitaine Italgrani. L'Italie a demandé l'entraide judiciaire à Berne et des perquisitions ont été effectuées.

Ce contenu a été publié le 17 janvier 2001 - 17:36

L'affaire est colossale, pourtant jusqu'ici elle était passée pratiquement inaperçue. Ce n'est que la semaine dernière, lorsque la police italienne a procédé à une dizaine d'arrestations que le dossier a éclaté au grand jour.

L'histoire se déroule à Naples. L'entrepreneur italien Franco Ambrosio aurait soustrait 1000 milliards de lires (environ 800 millions de francs) des comptes de son entreprise d'import-export de céréales Italgrani, avant que celle-ci ne tombe en faillite en octobre 1999. De l'argent blanchi via de multiples entreprises off-shores.

Une partie des détournements aurait eu lieu à travers un intermédiaire suisse, Markus D., administrateur de deux sociétés à Zurich et à Zoug. La Itex Itagrani et la Galaxia Maritime auraient émis de fausses factures pour du matériel qui n'a jamais été livré. Les factures auraient néanmoins été payées rubis sur l'ongle par Italgrani sur des comptes helvétiques.

En fait, l'argent serait revenu dans les poches de Franco Ambrosio, qui de facto contrôlait Itex et Galaxia. Il était d'ailleurs président de Itex, actuellement en liquidation.

Le ministère public de Naples soupçonne l'entrepreneur napolitain et ses complices d'avoir mis sur pied un vaste réseau de sociétés en Suisse, au Liechtenstein et dans divers autres paradis fiscaux, pour masquer l'origine frauduleuse des fonds. Les chefs d'inculpations sont de faux bilans, de banqueroute frauduleuse et de blanchiment.

Parmi les banques utilisées par Franco Ambrosio pour transférer l'argent, on trouve la filiale de Lugano de la banque Anker qui appartient à 100% à la Banque cantonale de Genève. Spécialisée dans la gestion de fortune privée, la Anker a son siège principal à Zurich et annonce environ 7000 clients.

Mais de nombreux autres établissements helvétiques semblent avoir été abusés par Franco Ambrosio. Les documents de la police italienne mentionnent à Zurich et Lugano, la Banque de Dépôt et de Gestion, la Deutsche Bank, la Compagnie d'Investissement et la Lavoro Bank.

A Berne, l'Office fédéral de la police confirme que l'Italie a envoyé une première demande d'entraide judiciaire en mai 1999, puis un complément en février 2000. Selon nos informations, la première commission rogatoire demandait des perquisitions et des auditions de témoins notamment à Genève. La seconde concernait Zurich et le Tessin.

Une partie des demandes d'entraides italiennes a déjà été réalisée, le reste est en cours d'exécution. Les enquêteurs transalpins se sont notamment intéressés à la société genevoise Novafin Financière. Aujourd'hui dotée d'un capital de cinq millions de francs, cette société spécialisée dans le financement du commerce international a été fondée par des représentants d'Italgrani en mai 1989.

Actuellement les investigateurs italiens cherchent à reconstituer le cheminement des fonds, pour tenter de récupérer au moins une partie des 800 millions détournés.

Luigino Canal

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?