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Israël: Claire et Flavie, deux Suissesses aux urnes

Les familles israéliennes sont presque en majorité partagées. Keystone

Mardi, les Israéliens désignent leur Premier ministre. En lice, le leader de la droite Ariel Sharon, donné gagnant par les sondages, et le travailliste Ehud Barak. Parmi les votants, des Suisses qui possèdent la double nationalité, comme Claire et Flavie Lévy. La mère et sa fille ne sont pas sur la même longueur d'onde.

Ce contenu a été publié le 05 février 2001 minutes

Combien sont-ils ces doubles nationaux? Plusieurs milliers sans doute. Leur nombre exact reste une énigme, étant donné que beaucoup d'entre eux ne prennent pas la peine de s'inscrire sur les registres consulaires de l'ambassade de Suisse.

Ils se concentrent en général dans les grandes villes (Tel-Aviv et Jérusalem), mais aussi au Kibboutz Hanita sur la frontière israélo-libanaise.

Claire Lévy, la cinquantaine, originaire de Bienne, et sa fille Flavie, 25 ans, Jurassienne, résident toutes deux à Jérusalem. L'une et l'autre iront voter le 6 février prochain.

La mère, qui avoue, malgré ses airs de grande bourgeoise, avoir une sensibilité de gauche, accordera son suffrage à Ehud Barak. Tandis que la fille, nationaliste en dépit de ses allures d'étudiante gauchiste, glissera dans l'urne un bulletin de vote en faveur d'Ariel Sharon.

La ligne de partage passe à l'intérieur même de la famille Lévy, à l'instar de presque la majorité des familles israéliennes. «Je vais voter Sharon à cause de ses idées. Je suis sûre que Sharon arrivera à rétablir la sécurité en Israël. Je suis prête à faire la paix comme presque tous les Israéliens, mais pas à n'importe quel prix», dit Flavie sur un ton ferme.

«Je n'ai aucune crainte parce que Sharon a déjà révélé ce qu'il fera le lendemain son élection au poste de Premier ministre: former un Cabinet d'union nationale», dit encore Flavie et elle ajoute un peu par défi: «Je voterai pour lui en toute confiance».

Claire, la mère, paraît plus hésitante: «Je voterai pour Ehud Barak, mais non sans quelques réserves. Il a commis des erreurs et, surtout, il ne s'est pas occupé des problèmes intérieurs, comme les disparités sociales qui vont en s'élargissant. Mais, voyez-vous, je ne peux pas voter Ariel Sharon. Cet homme est trop extrémiste!»

La veille du scrutin, Ariel Sharon dispose, selon les sondages, d'une avance de près de 20 points sur le chef de gouvernement sortant.

Jusqu'à la dernière minute, Ehud Barak et son équipe ont fait mine d'y croire, espérant toujours convaincre les indécis, encore nombreux, notamment parmi les électeurs arabes israéliens qui entendent boycotter en masse cette élection, ce qui favoriserait M. Sharon.

Ariel Sharon a indiqué vouloir former, s'il est élu Premier ministre, un gouvernement d'union nationale et mettre fin à la violence qui a fait 393 tués, dont 51 Israéliens juifs, depuis fin septembre.

«Si je gagne, et je suis sûr que je vais gagner, j'appellerai le soir même M. Barak et son parti à se joindre à un gouvernement d'union nationale», a-t-il déclaré dans une interview vendredi à la télévision russe RTR.

Simon Léger, Jérusalem

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