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Irina Brook fait rimer amour et cliché

Irina Brook a choisi de passer l'amour par le filtre du stéréotype. parisvoice.com

La metteuse en scène présente, à Yverdon et Neuchâtel, «Juliette et Roméo», d'après Shakespeare. Et offre une vision stéréotypée du mythe.

Ce contenu a été publié le 11 février 2002 - 14:06

Dans «Juliette et Roméo», l'amour rime avec cliché. Il est d'autant plus perturbant qu'il vit dénué de toute sentimentalité. Sa rage est froide, à l'instar des images de couples enlacés figurant sur le papier glacé des magazines people.

A l'instar aussi des poses sexy, mais convenues, découvertes au cinéma, art propice au développement de tout mythe. Et support essentiel pour l'imaginaire collectif qui cristallise la passion amoureuse, la confinant souvent dans un baiser que se donnent deux amants sur un écran.

Or, c'est sur un long baiser que s'achève «Juliette et Roméo», adaptation de la célèbre pièce de Shakespeare, réalisée par Irina Brook (dont a pu voir en Suisse romande «Une Bête sur la lune», «Danser à Lughnasa», «La Ménagerie de verre»). La metteuse en scène reprend à Yverdon-les-Bains et Neuchâtel cette pièce qu'elle a créée en décembre dernier au Théâtre de Vidy-Lausanne.

Kitsch

Juchés sur la plus haute marche d'un podium, semblable à celui que l'on voit lors des Jeux Olympiques, Juliette (Jennifer Decker) et Roméo (Alexis Michalik), entourés de tous les autres personnages de la pièce, s'embrassent dans une attitude qui fige leurs gestes et fixe leur passion dans l'éternité. L'éternité du mythe qu'ils représentent.

La dernière séquence du spectacle résume donc ce qui semble avoir guidé le travail d'Irina Brook: faire passer l'amour par le filtre du stéréotype. Quitte à verser dans le kitsch en multipliant les références à la comédie musicale («West Side Story», notamment) ou au cinéma (affrontement entre deux bandes de loubards, comme dans «Roméo et Juliette» de Baz Luhrmann).

Quitte aussi à vider l'amour de sa substance charnelle, de son érotisme, de sa violence, pour le ramener à un concept qui traverse les âges sans prendre une ride. Cette idée se défend. Elle est intelligemment exploitée. Mais elle verrouille, hélas, la pièce, empêchant de voir ce qui en constitue l'essence: l'évolution tragique du sentiment amoureux.

Ghania Adamo

«Juliette et Roméo» à Yverdon-les-Bains, Théâtre Benno Besson; le 12 février. Tel: 024/ 423 65 84. A Neuchâtel, Théâtre du Passage, 14 et 15 février. Tel: 032/717 79 07

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