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Identifier les demandeurs d'asile africains

Berne veut renvoyer immédiatement les requérants d'asile déboutés. Keystone

La Suisse veut faciliter l'identification et le rapatriement des demandeurs d'asile d'Afrique de l'Ouest déboutés.

Ce contenu a été publié le 03 janvier 2003 - 11:41

La ministre Ruth Metzler se rend au Sénégal et au Nigeria du 7 au 10 janvier pour signer des accords ad hoc.

En visite du 7 au 10 janvier dans ces deux pays, la directrice du Département fédéral de justice et police (DFJP) doit signer avec le Sénégal un accord de transit, pour lequel elle a reçu le feu vert du Conseil fédéral.

Cet accord permettrait à l'Office fédéral des réfugiés (ODR) de renvoyer dans ce pays des requérants d'asile déboutés supposés venir d'Afrique de l'Ouest.

Une fois les intéressés transférés à Dakar, les fonctionnaires suisses en poste sur place auraient 72 heures pour établir leur nationalité. En cas d'échec, le refoulé serait ramené en Suisse.

«La présence au Sénégal d'ambassades d'Etats d'Afrique de l'Ouest non représentés à Berne pourrait faciliter le processus», souligne Brigitte Hauser, de l'ODR.

L'identification des requérants d'asile africains est un des problèmes majeurs qui empêche leur rapatriement. La plupart d'entre eux refusent en effet de donner leur véritable nationalité et n'ont pas de papiers.

L'absence d'accord avec les pays d'origine est un autre obstacle au retour. D'où l'intérêt de conclure des traités de réadmission. Un tel accord pourrait être signé avec le Nigeria, pour lequel Mme Metzler a également reçu le feu vert du Conseil fédéral.

OSAR mitigée



L'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) considère d'un oeil mitigé la signature d'un traité de transit avec le Sénégal.

«Un accord écrit qui fixe un cadre précis serait une bonne chose, comme de prévoir une limite de 72 heures pour les investigations», estime Yann Golay, porte-parole.

«On peut par contre s'interroger sur l'utilité de renvoyer des gens en Afrique pour effectuer des démarches qui pourraient être faites ici. Quel intérêt à part celui de mettre les intéressés sous pression?», s'interroge-t-il.

Contexte tendu

C'est que le voyage de Mme Metzler intervient dans un contexte tendu sur le front de l'asile, illustré par le récent résultat de l'initiative populaire de l'UDC, rejetée de justesse en novembre dernier.

Auparavant déjà, le DFJP avait annoncé son intention de prendre des mesures contre les requérants d'asile africains qui viennent «parasiter le système». Sont directement visés, les trafiquants de drogue «qui cherchent une porte d'entrée pour rester quelques mois en Suisse et dealer».

Concrètement, les demandeurs condamnés par la justice doivent être rapatriés. Cela correspond à environ 5 à 10% des requérants africains, soit entre 500 et 1500 personnes au total.

Le DFJP a également adopté cette politique face à la hausse du nombre des demandeurs d'asile africains.

En provenance essentiellement du Nigeria, d'Angola, de Guinée, de Sierra Leone ou de République démocratique du Congo (RDC), la plupart des individus concernés - des jeunes hommes célibataires en majorité - ne remplissent pas les critères de l'asile.

Fonds Abacha

Au Nigéria, la directrice du DFJP évoquera également le dossier des fonds de l'ancien dictateur Sani Abacha. Au total, 535 millions de francs sont gelés à Berne dans le cadre de cette affaire.

Un accord entre l'Etat nigérian et le clan Abacha prévoyant la restitution d'une partie des fonds à Abuja, en échange de l'abandon des poursuites contre le fils de l'ancien dictateur, Mohammed Abacha, et l'homme d'affaire Bagudu Abubakar, a échoué.

Le Tribunal fédéral doit trancher sur les recours qui s'opposent à la transmission par Berne de documents concernant cet argent. Abuja pourra ensuite formuler une demande de restitution si un tribunal nigérian décide que les preuves réunies sont suffisantes.

swissinfo avec les agences

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