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Horlogerie: l’accès au label «swiss made» remis en question

Le droit à l’appellation «swiss made» est régulièrement remis en question, dans le monde horloger. Un groupe de travail de la Fédération horlogère suisse planche actuellement sur différents modèles permettant de redéfinir le certificat d’origine.

Ce contenu a été publié le 29 mars 2000 - 17:39

Le droit à l’appellation «swiss made» est régulièrement remis en question, dans le monde horloger. Un groupe de travail de la Fédération horlogère suisse planche actuellement sur différents modèles permettant de redéfinir le certificat d’origine.

La Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH) se montre très prudente sur ce chapitre. Son directeur admet qu’un groupe de travail planche sur «divers scénarios», mais ne veut fournir aucun détail quant à leur contenu. «Il est trop tôt pour indiquer ne serait-ce que des pistes, explique Jean-Daniel Pasche. Nous n’avons même pas encore commencé à consulter les membres de la FH». Ce n’est qu’après avoir exploré les différentes pistes possibles que la FH procédera à ces consultations. C’est dire qu’un projet ne devrait pas voir le jour avant des mois.

Et on comprend cette prudence, vu la sensibilité du sujet. L’octroi, jugé trop facile, du label suisse est régulièrement remis en cause par les grandes marques, qui souhaitent au contraire un renforcement des conditions d’accès. Arguments des représentants de ce camp, dans le haut de gamme: l’actuel «swiss made» trompe le client. Il lui fait croire que la montre est entièrement fabriquée en Suisse, ce qui est synonyme de qualité, alors qu’une grande partie de la montre est en réalité produite à l’étranger.

En effet, une montre peut porter la mention «swiss made» à condition qu’une partie, au moins, du mouvement soit produite en Suisse et que cette montre soit assemblée en Suisse. Dans la majorité des cas, la plupart des composants viennent d’ailleurs. Pour les fabricants des marques prestigieuses, il s’agit également de garder le savoir-faire horloger en Suisse.

Mais le reste de la branche traîne les pieds. Pour François Habersaat, président de la FH, il semble peu probable que l’industrie horlogère soit en mesure de produire, en Suisse, la totalité des centaines de millions de boîtes de montres dont elle a besoin. Sans parler de la question du prix. Un exemple: les boîtes en acier produites en Suisse reviennent en moyenne cinq fois plus cher que celles produites en Asie.

Prudence également du côté des autorités fédérales. On rappelle à Berne que les règles d’origine n’ont pas encore été définies clairement dans l’Organisation mondiale du commerce. Deux positions, apparemment irréconciliables, sont en présence: celle que la Suisse partage avec l’Union européenne et le Japon, selon laquelle c’est l’emboîtage final qui justifie le certificat d’origine. L’autre position, partagée par Hong Kong, les Etats-Unis et le Canada stipule que c’est au contraire le mouvement de la montre qui confère l’origine. Difficile de savoir qui aura le dessus.

Dominique Boillat

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