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Grippe aviaire: premier cas de H5N1 en Suisse

Les rives du Lac de Constance, dans le canton de Thurgovie, où un cygne infecté au H5 a été découvert mercredi, Keystone

Le canard repêché il y a une semaine à Genève a été testé positif au H5N1, la forme la plus pathogène de la grippe aviaire.

Ce contenu a été publié le 01 mars 2006 - 21:04

Mercredi, un deuxième animal infecté a été découvert sur les rives du Lac de Constance, dans le canton de Thurgovie. Il doit encore être analysé.

Le laboratoire européen de référence, à Londres, a précisé mercredi le diagnostic pour le harle bièvre découvert le 22 février, près du jet d'eau de Genève. Le canard a été infecté par le H5N1, la forme la plus pathogène et la plus dangereuse pour l'homme.

La nouvelle de la contamination du canard plongeur ne surprend pas l'Office vétérinaire fédéral (OVF). La plupart des cas de grippe aviaire décelés en Europe appartiennent en effet à la variante virulente H5N1.

«Il n'y aucune raison de paniquer après ce premier cas avéré en Suisse», a réaffirmé mercredi Marcel Falk, porte-parole de l'OVF.

Cygne retrouvé en Thurgovie

La probabilité que le cygne, testé positif au H5 mercredi au bord du lac de Constance, soit aussi contaminé par le sous-groupe H5N1 est également très grande. Le laboratoire de Weybridge, spécialisé dans la recherche du virus pathogène, devrait donner son verdict dans une semaine.

Pour Cathy Maret, de l'OVF, il faut s'attendre à déceler de plus en plus de cas parmi les oiseaux sauvages. Pour prévenir la propagation du virus, le canton de Thurgovie et son voisin Saint-Gall ont pris des mesures de confinement des volailles et renforcé le contrôle des exploitations.

A Fribourg, en revanche, les volailles euthanasiées mardi dans une exploitation de Bossonnens n'étaient, elles, pas atteintes par le virus de la grippe aviaire. Les analyses menées par un laboratoire de Zurich ont permis d'écarter cette hypothèse.

Pas de danger pour la population

Alors que le H5N1 poursuit sa progression en Europe - de nouveaux cas ont été découverts en Roumanie, en Hongrie et en Grèce - les exploitations de volailles restent pour l'heure épargnées en Suisse.

Un état de fait qui pourrait ne pas durer. Rien ne permet d'affirmer qu'il n'y a pas déjà des milliers de bêtes contaminées, estime Thomas Zeltner, directeur de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) qui a reconnu mercredi que la grippe aviaire était arrivée plus vite que prévu.

Pour l'OVF, le H5 ne constitue toutefois pas un danger pour la population. Les balades au bord des lacs et dans la nature ne sont donc pas à proscrire. De même, les Genevois n'ont rien à craindre à consommer l'eau du robinet, assurent les Service industriels genevois (SIG).

Révision de la loi sur les épidémies

Pour faire face à la grippe aviaire notamment, l'OFSP estime que la Suisse doit réviser sa loi sur les épidémies afin d'accroître les compétences de la Confédération en cas de pandémie. Le projet devrait être prêt en 2007, selon Thomas Zeltner.

Selon lui, la loi actuelle n'est plus suffisante pour faire face à des virus hautement contagieux et globaux comme la pneumonie atypique SRAS ou l'actuelle grippe aviaire. Le principal problème réside dans le partage peu clair des compétences entre la Confédération et les cantons.

Par contre, parmi les mesures envisagées, pas question de vacciner la volaille en masse. L'OVF a expliqué mercredi, lors d'une réunion des éleveurs de volaille, que cela présentait deux désavantages considérables.

Tout d'abord, il n'y a aucune garantie qu'un vaccin puisse protéger efficacement les animaux du virus H5N1. Ensuite, cela brouillerait les pistes lors des analyses. En effet, comment faire la distinction entre infection et présence du virus en raison d'un vaccin.

Par la voix de son comité vétérinaire, l'Union européenne a confirmé mercredi soir que les mesures prises par les autorités suisses lui suffisaient. Aucune restriction concernant les importations de produits suisses ne sont à l'ordre du jour.

swissinfo et les agences

En bref

Le virus hautement pathogène H5N1 a été identifié pour la première fois en Chine, en 1996, sur une oie d'élevage.

Un an plus tard, le premier cas de transmission de l'animal à l'homme était enregistré à Hong Kong. Six personnes en sont mortes.

A fin 2005, la troisième vague de grippe aviaire a atteint l'est de l'Europe, propagée par les oiseaux migrateurs, puis a gagné l'Afrique.

Ces dernières semaines, le virus est apparu dans les pays voisins de la Suisse, en France, en Allemagne, en Italie et en Autriche.

La semaine dernière, le premier cas suspect a été découvert à Genève. Et mercredi un deuxième animal infecté a été trouvé au bord du Lac de Constance.

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