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Gothard: comment sortir de l'impasse

Les camions bloqués à la douane de Chiasso, mercredi matin. Keystone

Les transporteurs italiens ont bloqué, mercredi, la douane de Chiasso pendant quatre heures. A la veille de la table ronde sur le Gothard, prévue à Berne.

Ce contenu a été publié le 24 avril 2002 - 14:29

Un barrage routier a été installé par surprise à l'ouverture de la douane commerciale, vers 1 heure du matin mercredi. Des représentants de la Fédération italienne des transporteurs routiers (FAI) de Côme ont placé une semi-remorque en travers des deux postes.

Des routiers en colère

Des colonnes de camions se sont rapidement formées des deux côtés de la frontière. Au Tessin, la file d'attente a atteint six kilomètres entre Coldrerio et Chiasso. Les places de parc ont rapidement été encombrées dans tout le canton. La police uranaise a donc dû stopper les poids lourds avant le passage du Gothard.

Mais l'action de la FAI, qui proteste contre les systèmes de dosage et de «phase rouge» sur l'axe du Gothard ainsi que contre la politique du gouvernement italien en matière de transports, n'a pas été appréciée par les routiers en colère.

Lassés d'attendre, vers 9h, plusieurs d'entre eux notamment étrangers, ont déplacé l'obstacle. Les membres de la FAI ont été conspués. Après la levée du barrage, le trafic lourd a pu reprendre normalement dans les deux sens. Il sera intense, la douane italienne restant fermée jeudi, jour de fête nationale.

Moritz Leuenberger dans l'arène

La situation chaotique sur l'axe du Gothard est le thème de la table ronde prévue ce jeudi à Berne. Moritz Leuenberger sera confronté aux transporteurs routiers suisses qui, comme les Italiens, demandent la levée du système de dosage.

L'ASTAG (l'association suisse des transports routiers), les Routiers suisses, le Touring club suisse (TCS) y sont opposés. Pour l'ASTAG, le gouvernement suisse doit aussi penser aux inconvénients subis par la population qui vit le long de la A2 et aux coûts du dosage.

Pour sa part, le TCS parle d'«utopie». Quant aux Routiers suisses, emmenés par leur secrétaire général David Pirras, ils demandent la réintroduction de la circulation des poids lourds, dans les deux sens, entre 5 heures du matin et 17 heures.

A la table des négociations, la position du DETEC, le département des transports de Moritz Leuenberger, ne va pas varier d'un iota.

Ainsi, le système de dosage doit être maintenu. Même si le ministre des transports ne dit pas jusqu'à quand. Le but avoué du DETEC est le transfert du trafic lourd de la route au rail. Soutenu par les socialistes, Moritz Leuenberger est désavoué par les partis bourgeois, UDC en tête. Tous réclament un second tube sous le Gothard.

Proposition italienne étonnante

En revanche, Uri et le Tessin approuvent le système. Avec des restrictions pour le Tessin, un peu divisé dans sa position. Le canton du sud des Alpes déplore le manque de coordination avec l'Italie.

Et c'est d'Italie qu'arrive une proposition étonnante. Elle a été formulée jeudi dernier à Lugano, lors d'un colloque italo-suisse sur cette question. Le président de la province de Côme, Pietro Selva, estime que les camions qui veulent transiter par le Gothard devraient réserver leur passage et le payer.

Une proposition qui a beaucoup fait parler d'elle ces derniers jours et qui va certainement être débattue ce jeudi à Berne.

swissinfo/Gemma d'Urso à Lugano

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