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Genève versera 800 000 francs à Sergueï Mikhaïlov

Sergueï Mikhaïlov (à droite) en décembre 1998 à Moscou au lendemain de son acquittement par la justice genevoise. Keystone

Acquitté en décembre 98, l´ex-présumé parrain de la mafia russe touchera 800 000 francs d´indemnisation de l´Etat, qui l´avait maintenu en prison pendant plus de deux ans. La somme est sans précédent dans les annales de la justice genevoise.

Ce contenu a été publié le 24 juillet 2000 - 16:36

«Son avocate a très bien fait son boulot», admet Dominique Poncet, saluant l'action de sa consoeur Salomé Paravicini, qui est parvenue à obtenir de la Chambre pénale de Genève exactement la somme qu'elle réclamait pour son client.

Selon Me Poncet, on n'avait encore jamais vu la justice genevoise accorder un tel montant à un ancien prévenu. Sans se prononcer sur le fond de l'affaire, le ténor du barreau admet que jusqu'ici, les indemnités consenties étaient le plus souvent «scandaleusement basses» - de l'ordre de 10 francs par journée de prison.

Les 800 000 francs accordés à Sergueï Mikhaïlov se décomposent en 600 000 francs d'indemnité pour perte de gain et 200 000 francs pour tort moral. Au vu des 778 jours passés à la prison de Champ-Dollon, on peut donc estimer que chaque journée de l'homme d'affaires moscovite vaut plus de 1000 francs.

Dominique Poncet refuse toutefois de se livrer à ce genre de calculs, puisque le manque à gagner d'un homme qui brasse de grosses affaires doit absolument être pris en compte.

Il n'empêche que cet arrêt - qui devrait faire jurisprudence - ne va pas manquer de susciter des réactions. Pour mémoire, le procureur Jean-Louis Crochet jugeait en début d'année qu'un montant de 77 800 francs - soit 100 francs par jour - aurait été raisonnable.

Depuis son acquittement, Sergueï Mikhaïlov vit à nouveau à Moscou, où il se présente désormais comme directeur d'une fondation de bienfaisance et comme businessman actif dans les médias, le showbiz et l'import-export. L'an dernier, il avait raté son entrée en politique, écarté d'une liste pour la Douma en raison de ses trois passeports russe, grec et israélien.

Marc-André Miserez

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