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François Vé et 'l'inutile utile'

François Vé, à l'heure de l'attente et du trac. swissinfo.ch

C'est le jeune chanteur romand François Vé qui a allumé, mardi, les 7e Francomanias de Bulle. Rencontre dans sa loge, quelques heures avant le grand plongeon.

Ce contenu a été publié le 07 mai 2002 - 23:58

«Oui, je suis un traqueur... J'accorde beaucoup d'importance à tout ce que je fais, alors le trac, ça va avec. Mais c'est une chance incroyable de pouvoir être là. Alors il faut y aller, hein?», tente de s'encourager François Vé, la respiration un peu courte, dans sa loge.

A l'heure où les vedettes, dûment drillées, formatées, calibrées, se fabriquent au kilo sur les chaînes de télévision, François Vé, lui, est fier de son statut d'autodidacte. La musique, il la côtoie depuis une vingtaine d'années, avec parfois des éloignements, parfois des rapprochements.

De la tradition au jazz en passant par la new wave

«Je viens d'une famille paysanne. Et musicale. Ma grand-mère jouait de la mandoline, et avec ses enfants, dont mon père, ils avaient l'habitude de chanter ensemble, à plusieurs voix. Petit à petit, je me suis mis à la guitare, au piano, j'ai touché un peu à tout sans vraiment apprendre un instrument. Ce n'est que plus tard que j'ai travaillé plus sérieusement la guitare et la basse», explique François Vé.

Au début des années 90, ce sera le rock, tendance new wave, avec le groupe «Irish Rose». Puis, après une période globe-trotter et une formation d'éducateur, la rencontre avec Bob Arnedo, bassiste du groupe Jazzorange. Cap sur le jazz, François Vé va suivre des cours de musique en France, et ouvrir grand ses oreilles à Jaco Pastorius, Marcus Miller, Stanley Clarke...

En filigrane, la chanson

C'est pourtant un album de chansons - «Le pas de danse», un CD de 5 titres - que François Vé publie en 2001. De la chanson acoustique, travaillée, aux mots écrits et placés. «La chanson a toujours été là pour moi. Même à l'époque où je faisais de le new wave, il y avait toujours Auberson qui revenait dans ma tête, et Nougaro, et Véronique Sanson.»

Et de préciser: «comme je suis quelqu'un d'assez lent et d'assez timide, j'ai mis du temps à y arriver. C'est à 28 ans que j'ai pris la décision de concrétiser cela». Ce qu'il fait, avec l'appui de Bob Arnedo et de plusieurs autres musiciens.

Son premier disque évoque un univers pas très éloigné de celui de Thomas Fersen, même si c'est plutôt à la 'grande' chanson française qu'il se réfère: «Fersen a une poésie magnifique. Mais dans le fond, ce que j'écoute le plus, c'est Brel, Barbara, Nougaro».

Au point d'oser parfois appuyer les 'r' comme les illustres aînés le faisaient, et comme plus personne ne le fait aujourd'hui: «je me construis petit à petit... Je trouve progressivement mon propre style, mais qui est vraiment lié à la chanson française classique».

Où sera, et que sera François Vé dans dix ans? «J'espère avoir toujours l'envie d'écrire des chansons, d'avoir cette petite flamme. Ce qu'il y a de magnifique dans la chanson, c'est que c'est de l'inutile utile. J'aime bien cette expression.»

Nous aussi.

swissinfo/Bernard Léchot

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