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Forum de Davos: vers une monnaie globale?

Jean-Pierre Roth, directeur de la BNS. Keystone

L'économie, en se mondialisant de plus en plus, ne rend-elle pas nécessaire une monnaie mondiale? C'est l'une des idées discutées au sein du Forum économique mondial, réuni à Davos. Mais qui laisse Jean-Pierre Roth, le président de la BNS, sceptique.

Ce contenu a été publié le 27 janvier 2001 - 20:10

Une monnaie globale pour le monde entier. C'était le thème, cette année, à Davos, d'un débat réunissant des banquiers centraux, des économistes et d'autres spécialistes des questions monétaires internationales.

Car, pour certains, la question se pose. Dans un monde où l'économie se globalise, n'est-il pas temps de passer d'un système tripolaire, basé sur le dollar, le yen et l'euro, à une monnaie unique?

Cette idée est présentée comme une solution des difficultés bien réelles. «Un certain nombre de pays ont des problèmes avec leur monnaie, explique Jean-Pierre Roth, le nouveau président de la Banque nationale suisse (BNS), et qui a participé, à Davos, à la discussion.

«Ils sont confrontés à des mouvements spéculatifs contre leur devise, ils voient les cours de change évoluer en leur défaveur et leur compétitivité s'affaiblir. On a peur aussi de la volatilité des marchés.» Des problèmes qui pourraient être réglés, pensent donc certains, en substituant une seule devise aux monnaies nationales.

Mais la proposition est loin de convaincre Jean-Pierre Roth. «Tout ceux qui pensent à un tel projet se font des illusions, avance-t-il, parce que le monde n'est pas suffisamment intégré pour cela.»

«Il y a des zones dont la croissance est très différente, dont l'évolution de la productivité est aussi très différente. Des zones avec des objectifs macro-économiques, des cycles conjoncturels qui ne sont pas corrélés.»

Les régions vivent donc des conditions très variées. Des unions monétaires régionales ont un sens pour Jean-Pierre Roth, mais il est beaucoup trop tôt pour parler d'une monnaie mondiale.

Et le patron de la BNS d'ajouter: «Avec une union monétaire mondiale, vous auriez une banque centrale, un gouverneur mondial, un Greenspan pour l'ensemble du globe. Les banquiers centraux sont excellents, mais font quelque fois des erreurs. Il faudrait éviter de faire des erreurs globales.»

Pierre Gobet, Davos

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